mardi 3 février 2015

RC Lens : faute d'argent, Gervais Martel prend ses distances avec Hafiz Mammadov

Lundi soir, pour la première fois depuis le début de la saison, le président du RC Lens Gervais Martel a pris ses distances avec Hafiz Mammadov, l'actionnaire majoritaire du club qui n'a pas respecté ses engagements financiers.

"Je suis parti du principe que je ne recevrai peut être plus rien d'Hafiz Mammadov. A partir de là, je prends mes décisions pour assurer la pérennité du club. Au 31 janvier, Hafiz Mammadov n'a pas honoré ses engagements et je n'ai pas reçu l'argent prévu. Je ne peux plus continuer à travailler de la sorte," a déploré le président lensois au micro de la radio France Bleu Nord.
"On va peut-être arriver à quelque chose de dur avec Hafiz Mammadov", a-t-il même menacé.
L'actionnaire majoritaire azerbaïdjanais, qui avait sauvé le club en juillet 2013, est en difficultés financières dans son pays depuis l'été dernier et n'a pas honoré ses engagements financiers.
Il devait initialement verser 14 millions d'euros en janvier, avant de promettre en début d'année d'effectuer le versement en trois fois avec 5 millions en janvier, 5 en février et 4 en mars. Or, rien n'est arrivé sur le compte du RC Lens en janvier et Martel veut "assurer la pérennité du club".
Mais le président lensois est face à un problème de taille puisque Mammadov, qui détient plus de 99% du club, reste l'actionnaire majoritaire et décisionnaire numéro 1.
Martel, président de RCL Holding, la SAS qui a repris en 2013 le club, n'a pas la possibilité de vendre le club sans l'aval de son actionnaire majoritaire, ni même d'augmenter le capital pour en prendre les pouvoirs.
Même s'il assure que le club pourra terminer financièrement la saison, ces difficultés ne vont pas aider les joueurs à s'en sortir sportivement. Après 23 journées, le RCL est avant-dernier avec 21 points, trois de moins que le premier non-relégable Lorient.
Lens avait été interdit d'accession en L1 à deux reprises par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), gendarme financier du football français faute de garanties financières suffisantes, avant d'obtenir gain de cause auprès du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
Jeudi, le tribunal administratif de Besançon, sollicité par Sochaux, relégué sportivement en L2 en mai, avait annulé l'autorisation de montée en L1 accordée au club en juillet par la Fédération française de football (FFF). Cette décision du TA n'entraîne pas de rétrogradation pour l'heure, la FFF ayant interjeté appel dans la foulée.

(AFP)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.