mardi 2 juin 2015

Mondial-2010: l'Afrique du Sud a payé 10 M USD, mais pas de pots-de-vin

Le président de la Fédération sud-africaine (Safa), éclaboussée par le scandale de corruption qui touche la Fifa, a reconnu dimanche que le pays avait bien payé 10 millions de dollars en 2008, mais a assuré qu'il ne s'agissait pas d'achat de voix pour l'obtention du Mondial-2010.

Les 10 millions de dollars, destinés à un fonds de développement de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), ont, selon le journal Sunday Independent, été déduits des 100 millions de dollars versés à l'Afrique du Sud par la Fifa pour l'organisation du Mondial-2010.
L'argent a été viré via la Fifa, selon l'acte d'accusation de la justice américaine qui accuse le gouvernement sud-africain et le comité de candidature du Mondial-2010 d'avoir versé 10 millions de dollars au Trinidadien Jack Warner, ancien président de la Concacaf, en échange de trois voix en faveur de l'Afrique du Sud.
Interrogé par le journal, le président de la Safa Danny Jordaan, président du comité d'organisation du Mondial-2010, a reconnu que la somme avait bien été versée en 2008, quatre ans après que son pays a été choisi.
"Comment aurions-nous pu payer un pot-de-vin pour des voix quatre ans après avoir été choisis?", a interrogé M. Jordaan, qui vient d'être élu maire (ANC) de Nelson Mandela Bay (l'agglomération de Port Elizabeth).
"Nous ne savons pas qui est mentionné ici", a-t-il ajouté, faisant allusion au "complice N.16" évoqué par l'acte d'accusation. "Et je ne veux pas croire que je suis mentionné."

- 'Une attaque contre notre souveraineté' - Dans un communiqué transmis par la Safa, le ministre des Sports Filike Mbalula a réagi avec véhémence aux "allégations selon lesquelles le gouvernement sud-africain a payé un pot-de-vin pour pouvoir accueillir le Mondial-2010", mettant en cause "des spéculations des médias qui font uniquement le jeu de ceux dont l'objectif est de salir la réputation et l'intégrité (du) pays".
"Nous rejetons ces mensonges (...). Gouvernement et habitants de l'Afrique du Sud, nous nous devons de combattre une telle propagande contre notre pays", a-t-il ajouté, demandant aux médias "de cesser de spéculer sur les noms des personnes qui pourraient être impliquées dans ces allégations".
Visiblement furieux après l'interview de Danny Jordaan, M. Mbalula a aussi ordonné à tous ceux qui ont participé à la candidature du pays d'"éviter de faire des commentaires qui font uniquement le jeu de ceux qui veulent perpétuer des stéréotypes négatifs contre l'Afrique du Sud en particulier et l'Afrique en général".
Le gouvernement sud-africain actuel avait rejeté avec véhémence dès jeudi les accusations de corruption.
"Lorsque nous avons organisé la Coupe du monde de la Fifa en juin (2010) nous avons reçu un audit impeccable (...) Il n'a jamais été suggéré qu'une quelconque infraction ait eu lieu en Afrique du Sud", a déclaré le ministre à la Présidence, Jeff Radebe.
Fikile Mbalula avait lui aussi balayé les accusations de la justice américaine, allant jusqu'à s'emporter: "on tourne un film!"
"Nous considérons cela comme une attaque contre notre souveraineté", a-t-il ajouté dimanche.
Les deux procédures judiciaires distinctes diligentées par les justices américaine et suisse, pour corruption présumée à grande échelle au sein de la Fifa, avec l'arrestation de plusieurs élus, des inculpations en rafales et la perquisition du siège de la Fédération, ébranlent l'instance gérante du football mondial.

(AFP)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.