L'ancien skieur français et figure de l'olympisme Jean-Claude Killy
s'est félicité dimanche de ses bonnes relations avec le président russe
Vladimir Poutine, refusant de cautionner les critiques visant un homme
qu'il juge "sympathique".
Dans un entretien au Journal du
Dimanche, celui qui préside depuis 2007 la commission de coordination
des Jeux d'hiver de Sotchi évoque des liens étroits avec le chef de
l'Etat russe.
"J'ai développé des liens très intéressants avec
lui. Je travaille avec lui depuis sept ans. Cela m'a donné une opinion
un peu différente de celle qui est largement véhiculée", explique Killy.
"On peut toujours l'avoir dans la minute, juste en appelant son chef de
cabinet".
"Le Poutine que je connais n'est pas celui décrit dans
les journaux, où il existe un vrai +Poutine bashing+. Je n'ai pas de
raison d'aboyer avec la meute, je me fie à ce que je vois. Quand il me
téléphone de Moscou, à trois heures du matin pour lui, pour me souhaiter
mon anniversaire, je trouve ça sympathique", ajoute-t-il.
"Quand
il joue des mélodies tristes au piano à la fin d'une soirée avec dix
ministres qui chantent autour, ce n'est quand même pas banal".
La
préparation des Jeux de Sotchi (7 au 23 février 2014) a été marquée par
de multiples polémiques, notamment sur les violations des droits de
l'Homme en Russie.
Poutine, l'homme fort du pays depuis 13 ans, veut faire des Jeux une
vitrine pour la Russie. Des sommes colossales ont été dépensées à
Sotchi, station balnéaire de l'époque soviétique entre mer Noire et
montagnes du Caucase, auparavant quasi vierge d'installations sportives.
Mais
Killy ne porte aucun jugement. "Chacun utilise les jeux Olympiques
comme il l'entend. Un pays ne veut jamais les Jeux pour le bénéfice pur
et unique du sport".
Et il se tient soigneusement à l'écart des polémiques.
"On
ne m'envoie pas en Russie pour exprimer une opinion politique. Mon
problème, ce sont les Jeux. Même si je trouve que ce pays se développe
rapidement et démocratiquement", relève-t-il, soulignant avoir déjà
déclaré que ce pays était "sur la route de la démocratie".
Une récente loi russe interdisant la "propagande" homosexuelle devant mineurs, passible de prison, a été vivement critiquée.
"Poutine
m'a dit son étonnement face aux réactions et à l'ampleur du bruit
généré. Il m'a raconté avoir remis dernièrement un prix littéraire à un
homosexuel. Pour lui, ce n'est pas une loi antigays", a assuré Killy.
Et
d'affirmer que toutes ces années de préparation s'étaient déroulées
sans tension avec l'équipe organisatrice. "Sotchi est l'équipe la plus
communicative et transparente que j'aie connue. Elle ne nous a jamais
rien caché".
"Depuis sept ans que je travaille avec (Poutine), tout se passe merveilleusement bien".
(AFP)
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