samedi 19 octobre 2013

Le cyclisme espagnol connaît bien la crise

En 2006, l’Espagne ne comptait pas moins de quatorze équipes professionnelles espagnoles inscrites à l’UCI et réparties au sein des trois divisions. Peu à peu, la crise et les affaires de dopage, et notamment l’opération Puerto, ont eu raison de la foi des investisseurs.
Les formations Îles Baléares, Communauté de Valence, Andalucia e tExtremadura-Spiuk qui bénéficiaient de fonds publics se sont vu couper les vivres, le cyclisme n’étant plus du goût des politiques. Des équipes comme Kaiku, 3Molinos Resort, Relax-Gam, Grupo Nicolas Mateos, Massi, Orbea ou Vina Magna-Corpu ont tour à tour fini par jeter l’éponge face aux difficultés économiques. Les formations Liberty-Seguros et Saunier-Duval, gangrenées par les affaires de dopage, ont dû mettre un terme à leur activité. Dans ce contexte, Euskaltel, épaulée par la région Euskadi, a tenu la barre pendant vingt ans avant de se retirer à la fin de cette saison, financièrement exsangue. Seul Eusebio Unzue résiste encore avec son équipe Movistar, émanation des Îles Baléares puis de la Caisse d’Épargne. Elle sera la seule équipe espagnole dans le World Tour l’an prochain, alors que Caja Rural sera aussi l’unique formation du pays en Deuxième Division après la disparition de Burgos-BH. Le seul espoir réside dans le projet de Fernando Alonso de monter une équipe pour 2015.
En onze ans, le Tour de Valence, la Semaine Catalane, la Bicicleta Vasca, le Tour d’Aragon, le Tour de Galice, le Trophée Luis-Puig, Subida Naranco, la Clasica Alconbendas, l’Escalade de Montjuic ou le GP Llodio ont disparu du calendrier international. Les collectivités, souvent partenaires de l’événement, ont coupé les robinets. Le Tour du Pays Basque, course historique (elle existe depuis 1924) et la Clasica San Sebastian, la seule classique World Tour du calendrier espagnol, ont été récemment sauvés de justesse grâce au fonds d’aide de l’Union cycliste internationale, alors que le Tour de Catalogne boucle son budget tant bien que mal. Et l’avenir n’est pas garanti. Certaines épreuves survivent, mais se réduisent comme peau de chagrin. Le Challenge de Majorque ne compte plus que quatre jours, tout comme le Tour d’Andalousie. Le Tour de Castille et Leon est passé à trois jours, celui de Murcie à deux et celui de la Rioja ne se dispute plus que sur une journée. Seule la Vuelta, qui peut encore compter sur la télévision, surnage. Et tout le monde s’accorde à dire en Espagne que l’arrivée d’ASO (société organisatrice du Tour de France et propriétaire de L’Équipe) dans le capital d’Unipublic, à hauteur de 49 %, n’est sûrement pas étrangère à cela.

(L'Equipe)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.