En 2006, l’Espagne ne comptait
pas moins de quatorze équipes
professionnelles espagnoles inscrites
à l’UCI et réparties au sein
des trois divisions. Peu à peu, la
crise et les affaires de dopage, et
notamment l’opération Puerto,
ont eu raison de la foi des investisseurs.
Les formations Îles Baléares,
Communauté de Valence, Andalucia e tExtremadura-Spiuk qui
bénéficiaient de fonds publics se
sont vu couper les vivres, le cyclisme
n’étant plus du goût des
politiques. Des équipes comme
Kaiku, 3Molinos Resort, Relax-Gam, Grupo Nicolas Mateos, Massi,
Orbea ou Vina Magna-Corpu ont
tour à tour fini par jeter l’éponge
face aux difficultés économiques.
Les formations Liberty-Seguros et
Saunier-Duval, gangrenées par
les affaires de dopage, ont dû
mettre un terme à leur activité.
Dans ce contexte, Euskaltel, épaulée par
la région Euskadi, a tenu la
barre pendant vingt ans avant de
se retirer à la fin de cette saison, financièrement
exsangue. Seul
Eusebio Unzue résiste encore avec
son équipe Movistar, émanation
des Îles Baléares puis de la Caisse
d’Épargne. Elle sera la seule
équipe espagnole dans le World
Tour l’an prochain, alors que Caja
Rural sera aussi l’unique formation du pays
en Deuxième Division
après la disparition de Burgos-BH. Le seul espoir réside dans
le projet de Fernando Alonso de
monter une équipe pour 2015.
En onze ans, le Tour de Valence,
la Semaine Catalane, la Bicicleta
Vasca, le Tour d’Aragon, le Tour
de Galice, le Trophée Luis-Puig,
Subida Naranco, la Clasica Alconbendas,
l’Escalade de Montjuic ou
le GP Llodio ont disparu
du calendrier international. Les
collectivités, souvent partenaires
de l’événement, ont coupé les
robinets. Le Tour du Pays Basque,
course historique (elle existe depuis 1924) et la Clasica
San Sebastian, la seule classique
World Tour du calendrier espagnol,
ont été récemment sauvés
de justesse grâce au fonds d’aide
de l’Union cycliste internationale,
alors que le Tour de Catalogne boucle
son budget tant bien
que mal. Et l’avenir n’est pas garanti.
Certaines épreuves survivent,
mais se réduisent comme
peau de chagrin. Le Challenge de
Majorque ne compte plus que
quatre jours, tout comme le Tour
d’Andalousie. Le Tour de Castille
et Leon est passé à trois jours,
celui de Murcie à deux et celui de
la Rioja ne se dispute plus que
sur une journée. Seule la Vuelta,
qui peut encore compter sur la
télévision, surnage. Et tout le
monde s’accorde à dire en Espagne
que l’arrivée d’ASO (société
organisatrice du Tour de France
et propriétaire de L’Équipe) dans
le capital d’Unipublic, à hauteur
de 49 %, n’est sûrement pas
étrangère à cela.
(L'Equipe)
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