Menacé par le fair-play financier et pas vraiment
convaincant lors de l’un de ses passages
devant l’instance de contrôle de l’UEFA,
le club parisien saura fin avril-début mai
s’il est sanctionné,même légèrement.
LE PSG S’ENORGUEILLIT de faire
désormais partie des cinq clubs
les plus riches du monde, avec
398,8 millions d’euros de revenus,
selon la dernière étude du
cabinet Deloitte. Il se situe juste
derrière le Real Madrid (518 M€),
le FC Barcelone (482,6 M€), le
Bayern Munich (431,2 M€) et
Manchester United (423,8 M€).
Mais il se vante moins de figurer
parmi les formations européennes particulièrement
surveillées
par l’instance de contrôle financier
des clubs (ICFC) de l’UEFA,
chargée de mettre en place le
fair-play financier (ne pas dépenser
plus d’argent que les
clubs en génèrent). Une première
fois, le 28 novembre 2O13,
Nasser al-Khelaïfi, le président
parisien, Jean-Claude Blanc, le
directeur général, et d’autres collaborateurs ont
été auditionnés
par l’ICFC à Nyon, en Suisse, au
siège de l’UEFA. Une entrevue au
cours de laquelle ils ont tenté de
convaincre leurs interlocuteurs
du bien-fondé de leur politique
commerciale, notamment sur le
fameux contrat passé avec QTA,
l’office de tourisme qatarien, qui
leur apporte une manne providentielle de 200
millions d’euros
annuels. Un contrat en or qui
doit permettre au PSG de ne pas
dépasser les45 millions d’euros
de déficit autorisés en 2013-2014
et 2014-2015.
Au cours de cet échange, les dirigeants
parisiens, habituellement
soucieux de ne surtout pas
paraître arrogants, ont été jugés
un peu hautains, selon des sources
internes à l’UEFA, réunie
cette semaine à Astana, au Kazakhstan,
pour son comité exécutif
et son congrès. Et moins
convaincants que ceux de Manchester
City, empêtrés également
dans les méandres du
fair-play financier. Fin janvier,
un nouvel examen des comptes
du PSG a été mené par des
membres de l’ICFC, cette fois-ci
au siège du club parisien. Avant
un troisième round, de nouveau
en Suisse, le 7 mars dernier. Ce
qui témoigne des interrogations
des experts financiers de l’UEFA
sur la nature de ce contrat. Car,
même si Nasser al-Khelaïfi, le
2 janvier, assurait dans nos
colonnes que « ce contrat n’est
pas un artifice comptable », son
montant astronomique, et jamais
vu dans le football, pose
question. Notamment du côté de
la Confédération européenne, où
on indique que « si le propriétaire d’un club
injecte de l’argent
par le biais d’un contrat de sponsoring
avec une société avec laquelle
il a des liens, les instances
compétentes de l’UEFA étudieront
ce cas et, si nécessaire,
adapteront le calcul du résultat
relatif à l’équilibre financier en
prenant en compte les recettes
de sponsoring dans la mesure
appropriée en fonction du prix
du marché». En clair, le contrat
passé avec QTA pourrait connaître une
décote. Ce qui placerait
alors le PSG en situation de large
déficit aux yeux de l’UEFA.
Dès lors, Paris peut-il être
puni fin avril ou début mai,
quand tomberont les premières
décisions ? Le risque est réel,
mais on oublie souvent que
l’éventail des sanctions est très
large, avec neuf degrés, allant de
« la mise en garde » au « retrait
d’un titre », en passant par « le
blâme», « l’amende, la déduction de
points, la rétention des
recettes provenant d’une compétition de
l’UEFA, l’interdiction
d’inscrire de nouveaux joueurs,
la restriction du nombre de
joueurs ou l’exclusion de compétitions
en cours et/ou futures
».
(L'Equipe)
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