La Ligue nord-américaine de football, qui vient d’entamer sa 19e saison, mise sur l’augmentation
du nombre d ‘équipes et la venue de stars étrangères pour solidifier son Championnat.
LE SOCCER a le vent en poupe sur le
continent nord-américain. Pas trop tôt
diront les amateurs de ballon rond, qui
ont connu les hauts et surtout les bas
du Championnat, depuis son lancement,
en 1996, deux ans après l’organisation
de la Coupe du monde aux
États-Unis. «La Major League Soccer
(MLS) a bien failli disparaître à cause de
sa folie des grandeurs, à l’image de ses
premiers matches dans des mégastades
vides de football américain.
En 2003, il y a eu une prise de conscience des
dirigeants, des sponsors et
des propriétaires d’équipe qui ont opté
pour une expansion mesurée. Ils ont
choisi de renforcer la marque MLS afin
de mieux la vendre», explique Frank
Pons, professeur de marketing à l’université
de Laval (Canada). La première
décision, salutaire, a donc été de jouer
dans des stades, ou d’en construire de
nouveaux, plus adaptés au foot, c’est-à-dire plus petits. Désormais, le règlement
de la MLS précise que les enceintes
de soccer doivent avoir une
capacité de 18.000 à 27.000 places. Une
règle respectée, à l’exception notable
du Century Link Field (67.000 places)
des Seattle Sounders, qui affiche une
moyenne de 44.000 spectateurs pour
un match de MLS. La viabilité financière
des franchisés, qui achètent le
droit d’exploiter une équipe comme le
ferait un gérant de McDonald’s, est
aussi exigée par les dirigeants de la Ligue.
Les nouveaux entrants doivent
enfin justifier d’un vrai « potentiel de
marché» au niveau local car la billetterie
et le merchandising représentent
les principales recettes des équipes.
Autant de critères remplis par les deux
nouvelles franchises qui rejoindront la
Ligue la saison prochaine: Orlando SC a
payé près de 48 M€ sa franchise tandis
que New York City FC, détenu par les
propriétaires de Manchester City et
ceux des NewYork Yankees (baseball),
a fait un chèque de 71,6 M€. L’objectif
est de compter 24 franchises d’ici à
2022, contre 10 au départ (19
aujourd’hui). «Dans sa politique de développement,
la MLS a bien compris
l’importance des rivalités avec deux
clubs dans une ville (il y a déjà les New
York Red Bulls à New York). Elle mise
sur les derbys, comme en Angleterre»,
poursuit Frank Pons.
Quant à l’arrivée très médiatisée de
l’ancien Parisien David Beckham à
Miami, prévue pour 2017, elle s’inscrit
elle aussi dans une politique d’expansion
du soccer dans une ville où l’ancien club
(Miami Fusion) n’a vécu que
quatre ans, de 1998 à 2001. «Nous apprécions
ce que David a fait en tant que
joueur, ambassadeur et icône pour
aider la MLS à grandir», ne cesse de
répéter Don Garber, patron de la Ligue
qui a fait un – petit – prix de 18 M€ à la
star, commele prévoyait son contrat
de joueur. Premier joueur désigné à
rejoindre la MLS en 2007, le Spice Boy a
largement contribué à la médiatisation
du Championnat. Car peu importe si
les stars étrangères sont payées dix
fois plus que leurs coéquipiers, à l’instar du Français
Thierry Henry, joueur le
mieux rémunéré (New York Red Bulls,
4,3 M€ annuels). Autant que leur qualité
de jeu, c’est leur notoriété qui vaut
de l’or car elle attire les fans. Les spectateurs
sont d’ailleurs de plus en plus
nombreux dans les stades avec une
moyenne de 19.000 entrées, soit plus
que la NBA et la NHL, souligne-t-on du
côté de la MLS. Voilà un argument de
poids pour la Ligue, qui a lancé un nouvel
appel d’offres pour ses droits télé
nationaux. Le contrat actuel, qui date
de 2006, rapporte 19,3 M€ annuels à la
MLS pour la diffusion de l’ensemble
des matches sur NBC Sports (7,2 M€),
ESPN (5,7 M€) et Univison (6,4 M€).
L’objectif affiché par Garber de doubler
cette somme pourrait être dépassé car
les chaînes ESPN et Fox seraient prêtes
à se partager les rencontres moyennant
50 M€. « La MLS est en train de
mordre les talons de certaines Ligues
majeures (NHL, Ligue de hockey sur
glace), conclut Frank Pons. Elle devient
une partie importante du paysage
sportif américain.»
(L'Equipe)
Juste pour info, on parle de l'Université Laval, et non pas de l'Universite "de Laval", cette Université étant basée à Québec.
RépondreSupprimerEnfin, je ne suis pas sûr que ce soit la NHL qui ait le plus à craindre, car dans les zones où il y a compétition, cad des marchés plus petits (à NY ou LA, il y a la place pour 55 équipes professionnelles) comme le Minnesota ou MOntréal, le hockey est bien trop implanté pour subir le moindre risque.
Par contre des ligues mineures comme la CFL risquent gros avec al montée de la MLS