Il n'y a plus que quelques petits détails à régler mais les
protagonistes du rugby européen sont formels: les coupes d'Europe de
rugby sont prêtes, après de longs mois d'incertitude et de blocage des
réformes.
"Il n'y a plus d'obstacles majeurs maintenant. La
Champions cup va remplacer la Heineken Cup", affirme à l'AFP un des
négociateurs anglais, à moins de cinq jours du coup d'envoi des quarts
de finale des compétitions actuelles.
Mais l'accord tarde à venir. Le projet devait être officialisé mercredi dernier, puis jeudi, puis plus tard. Entre-temps, deux fédérations ont appuyé sur la pédale de frein.
Les
Français (FFR) sont désireux de prévenir tout risque de litige futur
avec Sky, diffuseur historique des tournois et engagé jusqu'en 2017. Car
le problème des droits télévisés a longtemps été la pierre
d'achoppement des débats.
En juin 2012, les clubs anglais ont
unilatéralement signé un contrat avec un autre opérateur, British
Telecom (BT), pour leurs matches domestiques et européens. Créant ainsi
un conflit juridique entre deux diffuseurs qui se livrent une guerre
féroce sur le territoire britannique. Or, de sources concordantes, ils
ont finalement trouvé un terrain d'entente pour se partager les
rencontres.
La FFR a toutefois préféré juger par elle-même en
demandant les pièces du dossier. "La FFR n'a plus de raison de ne pas
signer car ils ont un duplicata du contrat BT/Sky", assure le même
négociateur anglais.
Avant d'apposer sa signature, le président
français Pierre Camou entend toutefois prendre le temps de passer en
revue tous les détails, et attend notamment une lettre de Sky renonçant à
toute poursuite judiciaire pour la résiliation anticipée de son contrat
actuel.
Autre source de blocage, la fédération italienne (FIR) a contesté à la dernière minute la répartition
financière envisagée, se plaignant d'être la moins bien lotie. Mais
cette position a suscité l'agacement et en coulisses, on menace
d'organiser les nouveaux tournois sans franchise italienne.
Pour le reste, les six fédérations et les représentants des trois championnats (Top 14, Premiership, Ligue celtique) ont enfin trouvé un point d'équilibre.
Pour l'occasion, une nouvelle structure devrait être créée, basée
à Neuchâtel en Suisse, signant l'arrêt de mort de l'ERC, société
organisatrice des compétitions depuis 1995.
Le tournoi principal
sera ramené de 24 à 20 clubs, comme réclamé ardemment par les clubs
français et anglais, qui avaient menacé de faire sécession pour créer
leur propre compétition, la Rugby champions cup.
Français et
Anglais enverront chacun six ou sept clubs, selon le résultat d'un match
de barrage organisé dès mai prochain entre les 7e des championnats
d'Angleterre et de France.
La Ligue celtique voit de son côté son
quota se réduire de 11 à 7 places, ce qui pourrait relancer l'intérêt
d'un championnat accusé de servir de simple entraînement à la Coupe
d'Europe. Mais chaque pays (Irlande, pays de Galles, Ecosse, Italie)
sera assuré d'avoir au moins un représentant.
Vingt autres clubs
participeront à une deuxième compétition européenne, plus resserrée et
composée par les 18 équipes restant des trois grands championnats, et
deux invitées. Un troisième tournoi, organisé en septembre par la fédération européenne (Fira-AER) entre une dizaine d'équipes du continent, pourrait donner accès à ces deux tickets.
Le
reversement des bénéfices sera lui aussi modifié: un tiers pour chaque
championnat, au lieu de 25% pour les Français, 25% pour les Anglais et
50% pour Celtes et italiens.
Cela devrait représenter dans un
premier temps un peu plus de 25 millions d'euros pour chaque Ligue par
saison, soit 75-80 millions d'euros reversés au total, pour un objectif à
terme de 100 millions d'euros.
Les clubs gèreront les droits
commerciaux, télévisés ou encore les partenariats. Ainsi, les Français,
Celtes et Italiens s'emploieront à l'été à vendre la diffusion de leurs
matches européens.
Le tout s'effectuera sous l'égide des fédérations,
présentées par un négociateur français comme "de vraies autorités de
tutelle". Un point qui était non négociable pour obtenir l'aval de
l'IRB, organe suprême du jeu.
(AFP)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire