L'Anglais Eddie Jordan, ancien patron d'écurie reconverti en
consultant pour la BBC, a résumé vendredi la crise actuelle de la F1 à
quatre facteurs bien précis qui expliquent la disparition des trois
écuries créées en 2010.
Pour Jordan, qui a longtemps géré son
écurie sur le fil du rasoir, la première raison tient à une promesse
faite à l'époque à Caterham (ex-Team Lotus), Marussia (ex-Virgin) et
Hispania (HRT): "Les budgets de F1 seraient plafonnés à 50 millions d'euros par an, ce que la
Fédération internationale de l'automobile n'a pas réussi à imposer",
souligne Jordan.
Les budgets actuels des quatre plus grosses écuries (Mercedes-AMG, Red Bull Racing,
Ferrari, McLaren) dépassent allègrement les 250 millions d'euros
annuels.
"Deuxièmement, la facture moteurs était de 5 millions de
livres l'an dernier et elle a grimpé à 15 millions de livres avec
l'introduction des nouveaux moteurs V6 turbo hybrides. La faute de qui ?
C'est le travail de Bernie Ecclestone (le promoteur de la F1) de
s'assurer que les promesses sont tenues, sachant que ces coûts ne vont
pas baisser l'an prochain, contrairement à ce que les motoristes avaient
annoncé", regrette Jordan.
"Troisièmement, les écuries doivent
passer par Ecclestone pour transporter leur matériel mais ces coûts sont
élevés", ajoute Jordan. "Il y avait une participation aux frais de 10
millions de livres, de la part du détenteur des droits commerciaux, mais
Ecclestone l'a supprimée il y a deux ans".
"Quatrièmement, il y a
le fait que 300 millions de dollars sont prélevés sur l'argent destiné
aux écuries, et redistribués aux cinq plus grosses écuries, Red Bull,
Ferrari, McLaren, Williams et Mercedes", conclut Jordan, qui est
irlandais, pour expliquer la crise actuelle de la F1.
Sur la
question des finances, on peut faire confiance à Eddie Jordan, car il a
toujours été un homme d'affaires avisé. La preuve, c'est dans une Jordan
que Michael Schumacher a fait ses premiers mètres en F1, puis il a
revendu son écurie au bon moment et assuré sa retraite.
(AFP)
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