lundi 24 juin 2013

Thiriez : "De grands clubs français vont déposer le bilan"

A Brest, le samedi 22 juin, en marge de l'assemblée générale de la FFF, Frédéric Thiriez, président de la ligue, a tiré la sonnette d’alarme et s’en est pris avec véhémence au gouvernement. Pour lui, le PSG et Monaco et leurs riches propriétaires sont une bonne nouvelle pour le football français mais aussi un leurre. La majorité des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 se trouveraient en effet dans une situation économique critique. Il n’a pas précisé leur nouveau déficit cumulé mais il s’élèverait encore à 110 millions d'euros cette saison. "Les nuages s’accumulent, nos clubs vont perdre de l’argent pour la quatrième année d’affilée avec des situations dramatiques, plaide Thiriez. Elles s’expliquent par la crise économique, la baisse des recettes de transferts et de billetterie dans les stades mais elle est aussi due à une contribution fiscale et sociale de nos clubs inégalée en Europe. Elle s’élève à 687 millions d'euros et c’est plus que la totalité des droits TV que perçoit la ligue. Et, en 2015, nos droits TV vont encore baisser de 40 millions."
Le président de la ligue prend un exemple saisissant : celui des différences de charges sociales entre l’Allemagne et la France. "En Allemagne, pour un joueur qui perçoit un salaire de 600.000 euros brut mensuel, elles s’élèvent à 12.000 euros. En L1, c’est… 186.000 euros ! a argumenté Thiriez. Nos clubs pratiquent une cure d’austérité depuis trois ans mais ils sont désormais dans le dur. Et la taxe sur les hauts revenus va encore augmenter les charges de 30%. Je vous l’annonce et je ne plaisante pas, de grands clubs français vont déposer le bilan. C’est ce que j’appelle une opération perdant-perdant. Pour un symbole, on (le gouvernement) va tuer le football professionnel. Mais j’espère que le sens des réalités va l’emporter sur la démagogie." Pour la première fois, Noël Le Graët a en partie rejoint le discours alarmiste de Thiriez. "Les joueurs sont bien payés, on pouvait faire un effort mais taxer les entreprises qui sont déjà en difficulté à 75%, là, ça devient difficile et c’est historique", a ajouté le président de la FFF.

(Source : L'Equipe)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.