L'hypothèse d'un "médiateur" dans la polémique sur la taxe à 75% a
fait son chemin samedi, après un appel du président de la Ligue de
football professionnel (LFP) Frédéric Thiriez, accueilli avec intérêt
par la ministre des Sports Valérie Fourneyron.
Dans l'édition de
samedi du quotidien L'Equipe, Frédéric Thiriez a lancé un appel pour la
désignation d'une personnalité qui tenterait "de rapprocher les points
de vue du football pro et du gouvernement".
"Cette démarche des
acteurs du football est un geste positif d'ouverture. Elle va dans le
sens de la volonté affichée par le Président de la République et du
gouvernement de demeurer à l'écoute des décideurs du football français
sur ce sujet", a répondu en fin de journée Valérie Fourneyron dans un
communiqué.
Le 31 octobre dernier, le président François Hollande
avait signifié une fin de non-recevoir aux demandes des clubs, qui
souhaitent des aménagements du projet de loi de la taxe à 75% sur les
hauts revenus.
Ils ont en conséquence décidé de maintenir la
grève ("journée blanche") prévue le dernier week-end de novembre, et de
suspendre sine die leur participation à la commission Glavany dite du
+foot durable+ mise en place par la ministre.
Pour tenter de sortir de la crise, Frédéric Thiriez demande à ce même Jean Glavany, député PS, de s'impliquer personnellement.
"Quand
on a une telle incompréhension, il y a une solution: avoir un véritable
médiateur. Il y en a un qui me paraît indiqué: Jean Glavany. Il a la
confiance du gouvernement puisque la ministre des Sports l'a chargé
d'une mission de réflexion sur l'avenir du football professionnel",
a-t-il expliqué.
Mme Fourneyron a laissé entendre que si cette idée lui semblait positive, sa commission resterait au coeur du dossier.
"La
vocation du groupe de travail sur le modèle durable du football
français est de permettre une réflexion partagée et un dialogue
constructif sur le modèle économique applicable au football
professionnel", a-t-elle relevé.
"Son président, Jean Glavany,
est donc l'interlocuteur naturel et idéal pour favoriser le dialogue
entre les pouvoirs publics et les acteurs du football sur les différents
enjeux qui y sont liés".
De son côté, le député s'est déclaré ouvert à la proposition tout en restant fidèle à la commission.
"Le
lieu d'écoute, de concertation existe. S'ils veulent lui donner un
contenu plus important, il n'y a aucun problème", a-t-il expliqué à
l'AFP.
"Cette fonction que (Thiriez) appelle de ses voeux, de
fait, je l'exerce depuis deux mois", a-t-il ajouté, en qualifiant le
dossier d'"urticant" pour les clubs de foot.
Dans son entretien
avec l'Équipe, le patron de la LFP souligne combien le temps presse. "On
a un calendrier très serré. Si cette médiation est possible, il faut
donc qu'elle démarre dès le début de la semaine prochaine", a-t-il
estimé.
Jeudi, le comité exécutif de l'UCPF, le syndicat des clubs, devra décider s'il met à exécution sa menace de grève.
"Attention,
les clubs ne pourront pas se contenter de simples promesses de
compensation dans un texte de loi ultérieur", a prévenu M. Thiriez. "Ils
ont besoin d'une réponse concrète très rapide".
"Personne n'a
envie de faire grève dans le football. Ça n'amuse aucun président, aucun
entraîneur, aucun joueur, aucun supporter", a-t-il encore assuré.
Votée
le 24 octobre à l'unanimité des composantes du football français, la
grève a depuis trouvé quelques détracteurs. Dont le président de la
Fédération française de football, Noël Le Graët, qui s'est déclaré
opposé à l'idée.
(AFP)
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