mercredi 27 février 2013

Les Minguettes en Coupe de France, autopsie d'un club d'en bas

L’AS Minguettes-Vénissieux (CFA 2, cinquième dicision) joue ce mercredi 27 février un huitième de finale de Coupe de France contre Nancy, une première pour ce club de 580 licenciés et vingt-huit équipes. Evidemment, les moyens manquent malgré un budget de 330.000 euros , dont la moitié (160.000 euros) provient de la subvention municipale alors que le principal sponsor Carrefour en verse 8.000. Le président du club espère attirer dans les prochains jours un nouveau partenaire (Eco Reso, entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables).

Le club compte dix-sept éducateurs mais aucun salarié à temps plein, sur le terrain comme dans les bureaux. Même l'entraîneur de l’équipe première occupe un poste de comptable dans une association. Les joueurs, eux, sont payés uniquement à la prime : 250 euros pour la victoire, 125 euros pour le match nul à l’extérieur. On use donc du système D et des relations. Les conditions climatiques empêchent de travailler à l’extérieur ? L’entraîneur adjoint, professeur de sport à l’université de Lyon II, dégote un créneau dans un gymnase de la fac. Trois jours avant son seizième de finale contre Le Poiré-sur-Vie, le 23 janvier, l’équipe cherche un terrain pour s’entraîner ? L'entraîneur fait jouer son réseau à la mairie de Lyon pour trouver une solution de repli. Rien que pour préparer ce huitième, l’ASM a fait valoir son art de la débrouille. Pour se faire prêter, par le voisin de Saint-Priest, un panneau lumineux pour les remplacements. Pour récupérer des images de Nancy, on a appelé les copains de Marseille ou de l’OL avant de confier le montage vidéo à la belle-soeur de l'entraîneur, qui travaille dans la pub. Ou pour faire baisser la facture de l’utilisation du Matmut Stadium, où se dispute ce huitième de finale. Quand la somme de 130.000 euros demandée par le LOU rugby a circulé pendant quelques jours, l'entraîneur a alerté quelques médias. Finalement, ce sera 80.000 que le club devra débourser, notamment entre frais de fonctionnement (30.000 ), de sécurité (30.000 ), de transformation du terrain de rugby en terrain de foot (10.000 ). "La Coupe de France, ce n’est pas pour les amateurs, commente le président du club, qui a reçu 157.000 de la FFF pour avoir atteint ce stade de l’épreuve. On est peut-être le Petit Poucet mais on n’est pas bien aidés."

(Source : L'Equipe)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.