Stoppée dans ses ambitions financières concernant la cession des
droits télévisés de Roland-Garros, contrariée dans sa volonté d'agrandir
son stade de la Porte d'Auteuil, la Fédération française de tennis
(FFT) contre-attaque avec un rapport vantant les retombées économiques
de son sport.
Ce document, commandé à un cabinet réputé de conseil en prospective économique (le BIPE), entend ainsi démontrer l'apport en
matière d'emploi, de cotisations sociales, de contributions fiscales du
tennis en France, lui-même largement financé grâce au succès de
Roland-Garros.
"La réalité des chiffres le montrent: le tennis
français contribue à un certain succès de notre pays. Et préserver la
pérennité de Roland-Garros, ce n'est pas simplement préserver les
intérêts +un peu égoïstes+ du tennis français, mais un système qui fait
du bien à tout le monde", a affirmé le directeur général de la FFT et de
Roland-Garros Gilbert Ysern, mardi lors de la présentation de cette
étude.
Selon ce document, la petite balle jaune procure un emploi à
"27.800 personnes sur l'ensemble du territoire", dont près de 4.700
d'emplois directs à l'occasion du seul tournoi du Grand Chelem.
Roland-Garros,
c'est aussi 80 millions d'euros de création de richesses par an, 54
millions d'euros d'impôts et de taxes collectés ainsi qu'un gain
marginal cumulé de 360 millions d'euros en valeur ajoutée d'ici à 2030
lorsque le tournoi aura, selon le voeu de ses organisateurs, trouvé un
nouveau modèle économique grâce à l'extension de la superficie du stade
qui l'accueille Porte d'Auteuil.
"La constitution de cet
écosystème est la résultante du développement continu du tournoi de
Roland-Garros depuis le milieu des années 70", ajoute le BIPE, arguant
que les bénéfices du tournoi servait au financement de l'ensemble de la
filière nationale.
La démonstration voulue par Gilbert Ysern n'est
pas innocente en matière de timing. Si la FFT vient de remporter une
victoire devant la cour administrative d'appel de Paris qui a validé
l'extension du stade sur une partie des serres d'Auteuil, les opposants à
ce projet ont déposé de nouveaux recours pour tenter de le bloquer. Or,
sans agrandissement de sa surface, "Roland-Garros est mort dans 20
ans", martèle régulièrement le directeur général de la FFT.
Par
ailleurs, et bien plus embêtant à court terme, les organisateurs du
deuxième tournoi du Grand Chelem de l'année viennent d'enregistrer une
sacrée déconvenue lors de l'appel d'offres lancé au sujet des droits
télévisés détenus jusqu'en 2014 par France Télévisions pour 15 ME par
an.
Alors qu'ils attendaient un sérieuse revalorisation de l'offre
(comparable au tarif où se monnaye leur homologue de Wimbledon -30 ME-
ou de l'US Open -60ME), les patrons de Roland-Garros n'ont enregistré
qu'une offre... inférieure au prix actuel émanant de France Télévisions
en ce qui concerne l'offre gratuite et en clair.
Engagée dans des
négociations de gré à gré pour boucler le dossier en janvier, la FFT
espère faire monter un peu les enchères mais ne croit plus
raisonnablement pouvoir obtenir autant que prévu.
Dans ce contexte
morose, la publication de chiffres attestant des bienfaits du tennis
pour la santé de l'économie prend tout son sens.
Cette étude,
c'est aussi une façon "d'envoyer un message", de rassurer "ceux qui
auraient des doutes" sur l'impact économique et social du tournoi du
Grand Chelem, a insisté Gilbert Ysern mardi.
(AFP)
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