vendredi 1 mars 2013

AJ Auxerre : plus de Moulin mais du vent

Gérard Bourgoin n’hésite plus à tenir un discours alarmiste. Reçu à la direction nationale du contrôle de gestion jeudi 28 février, le président de l’AJ Auxerre affirme que l’augmentation du capital est plus que jamais une nécessité.
Les experts de la DNCG ont réclamé au président du club de Ligue 2 des avancées concrètes dans le programme de sauvegarde de l’AJA avant le 30 juin, date de la fin de la saison. Mais sans fait concret, certifié, quantifié, c’est la relégation, affirme Gérard Bourgoin. Le président de l’AJA n’a pas été en mesure d’apporter davantage de garanties que lors de sa dernière entrevue avec les gendarmes financiers du foot, en décembre 2012. Aucun nouvel investisseur ne paraît s’être intéressé à l’AJA depuis Michel Moulin. Le créateur du groupe éditant les journaux gratuits Paru Vendu, un temps annoncé à l’AJA, a finalement fait savoir qu’il n’était plus intéressé, il a depuis jeté son dévolu sur le Mans FC, autre club en grande difficulté financières. Et sans arrivée de capital ou d’un nouveau système de recettes, Auxerre va ramasser comme les autres, précise Bourgoin.

Les collectivités font la sourde oreille

Le 28 janvier dernier, le conseil d’administration de l’AJA a décidé d’émettre un total de 9 millions d'euros d’obligations rémunérées à 8% et convertibles en actions au bout de cinq ans. Des actions qui permettraient à leurs détenteurs d’entrer dans le capital du club.
Par ailleurs, selon Gérard Bourgoin, les pouvoirs publics auxquels il a fait appel ne sont pour l’instant pas décidés à soutenir le club. En cas de catastrophe, ils devront prendre leurs responsabilités. S’ils n’aident pas financièrement l’AJA, il s’agit de non-assistance à personne en danger, insiste le président.
Au moment de la descente en Ligue 2 en juin 2012, le président du conseil général, André Villiers, et le maire d’Auxerre, Guy Férez, avaient tous deux fait savoir qu’ils ne comptaient pas injecter le moindre sou dans la structure privée, confrontée à un déficit chiffré à 16,33 millions d’euros en juin 2012.
Depuis, si le départ de joueurs a permis à l’AJA de tenir son prévisionnel, les recettes sont en chute libre avec la baisse du nombre de spectateurs, et même les coupes sombres annoncées, notamment dans les postes administratifs et les éducateurs, ne pèsent rien dans la balance. Ce ne sera pas suffisant pour envisager l’année prochaine sereinement.

(Source : L'Yonne républicaine)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.