L'Equipe du 1er mars revient très largement, à l'occasion du derby basque sur la possibilité de fusion - partielle ou complète - entre le Biarritz olympique et l'Aviron bayonnais. Le but : former une équipe - ou une franchise européenne - pour affronter un univers du rugby professionnel où les "petits" que sont devenus les deux frères de la côte ont de plus en plus de mal à exister. Morceaux choisis...
Jean Grenet, maire de Bayonne :
"Une seule équipe en Coupe d’Europe est un sujet qui me paraît pertinent. Et ça ne m’étonne pas que ce soit Serge Blanco qui l’ait proposé. Ça aurait de la gueule et je pense que tous ceux qui aiment le rugby au Pays basque seraient partants pour cette initiative. J’ai le sentiment qu’on avance sur ce dossier, qu’il est d’actualité et pas enterré. Je crois que ces dernières années Serge Blanco a lui-même évolué. Ses excellentes relations avec Alain Afflelou (le président de Bayonne) favorisent ces discussions et le rapprochement éventuel qui peut préfigurer à terme, et en cas de nécessité, d’aller plus loin...
"Une équipe unique en Championnat de France ? On n’en est pas là. Mais qui peut dire aujourd’hui que ça ne se fera jamais ? Personne. Il y a deux grands clubs à 5 kilomètres d’écart, c’est quelque chose d’inédit dans le Top 14. Ça n’est pas simple pour des villes moyennes de bien figurer dans le Championnat. En tout cas, ne parlons pas de fusion. C’est un mot tabou.
"Nos deux clubs sont trop enracinés. Si c’est indispensable et nécessaire, constaté par les deux clubs pour que le rugby basque soit représenté au plus haut niveau en Top 14, il n’est pas impossible qu’on soit amenés à concevoir une holding qui porterait le rugby basque au niveau pro. Et chacun des deux clubs resterait amateur et formateur."
Patrick Arrosteguy, vice président du BO :
"Aujourd’hui, nous ne pouvons plus prétendre jouer les premiers rôles. Sans alliance entre nos deux clubs, au niveau de la structure professionnelle, on n’y arrivera pas. On ne pourra pas continuer à se partager spectateurs et partenaires locaux.
"[Une équipe commune en Coupe d’Europe] ça pourrait aller très vite si l’on voit qu’il y a des bonnes volontés de chaque côté. Serge (Blanco) est partisan, il l’a dit. Alain Afflelou aussi. Une équipe commune à l’échelon de l’Europe peut être une première marche, mais la deuxième doit être très rapide.
"La rivalité des deux clubs, c’est bien. Un derby est toujours intéressant, formidable. Mais on est dixième (Biarritz) et onzième (Bayonne). L’Aviron ne sera pas européen et le BO ne le sera peut-être pas non plus. Les résultats risquent encore de baisser.
"Il ne s’agit pas du tout de fusionner deux clubs qui ont leur propre histoire, leur culture. Il ne faut surtout pas les tuer. Il s’agit de s’adapter au professionnalisme. S’associer chez les pros, c’est une condition, pas suffisante mais nécessaire, pour pouvoir arriver à bâtir une équipe qui tienne la route."
Le stade ?
Alors que le président, Serge Blanco, a toujours avancé l’idée d’un stade commun ("un stade neuf et commun qui permettrait à chacun de générer des recettes supérieures", disait-il dans L’Équipe du 30 septembre 2010), Jean Grenet, le maire de Bayonne et président de la communauté d’agglomération Côte basque-Adour, estime que les deux clubs pourraient évoluer dans les deux enceintes déjà existantes : "Jean-Dauger (Bayonne) remplit 17.000 spectateurs, Aguiléra près de 14.000, ça laisse la possibilité de faire des matches de poules à Biarritz ou à Bayonne, et, le cas échéant, à Anoeta (Saint-Sébastien), pour les grosses affiches." Patrick Arrosteguy, le vice-président du BO, partage cet avis : "Il faudrait peut-être faire une tribune démontable à Aguiléra comme l’a fait l’Aviron. Ça leur a coûté 1 million d’euros et ils ont largement
rentabilisé. Ainsi, on aurait deux stades pour jouer alternativement. Et on a toujours Anoeta pour les grandes
affiches."
L'Europe ?
Pour l’European Rugby Cup, rien, a priori, ne s’oppose à la participation d’une franchise réunissant Biarritz et Bayonne en Coupe d’Europe ou en Challenge européen. A charge pour les Basques de régler certains détails.
"C’est à la LNR de désigner les équipes qui représentent la France et c’est à la FFR de nous transmettre la
liste, explique l’ERC. Si la France faisait savoir par la FFR que parmi ses équipes qualifiées l’une serait une franchise regroupant Biarritz et Bayonne et non pas un club “classique”, la question serait étudiée par le comité directeur de l’ERC. Et il n’y aurait sans doute pas de rejet de notre part." Un précédent existe. En 2003, la Fédération galloise fit savoir à l’ERC que Neath et Swansea, qui participaient à la compétition européenne séparément jusque-là, créaient une franchise appelée Neath-Swansea Ospreys, qui devint les Ospreys en 2005.
Le nom ?
On pourrait baptiser cette sélection Euskadi, noski baietz !
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