Des sponsors
moins généreux
Une sortie de route prématurée des Bleus se traduirait
par un manque à gagner de près de 2 M€ pour la
FFF. Chaque année, cette dernière perçoit 18,5 M€ de
la part des sponsors de l’équipe de France. Douze
« top sponsors » (GDF Suez, Crédit agricole, SFR, Carrefour,
PMU, etc.) versent chaque saison entre 500 000 € et 4 M€.
Depuis le désastre moral et sportif de Knysna, un système de
bonus-malus, portant sur 10% des sommes versées, a été mis
en place pour certains partenaires. Il est basé sur les performances
sportives et sur l’image des Bleus, mesurée tous les
mois par la société Kantar Media.
En cas d’élimination, certains sponsors verseront en fin
d’année 10% de moins que prévu. En outre, la renégociation
des droits d’image pour la période 2014-2018 a été repoussée
après les barrages, à la demande expresse des sponsors. « Une
décote de 20 à 25% serait parfaitement logique, note Gilles
Dumas. Certains pourraient même ne pas poursuivre. Mais la
FFF a, heureusement pour elle, un atout dans sa manche :
l’Euro 2016 en France ! Les sponsors vont vouloir être présents.
Cela va les inciter à rester. Mais évidemment pas au
même prix. » Les partenaires actuels pourraient néanmoins
verser près de 4 M€ de moins par an. Une baisse que la FFF
espère compenser par l’arrivée de deux nouveaux partenaires.
Des droits télé
en chute libre
A TF1, on refuse de dramatiser ouvertement
l’impact d’un échec des Bleus. « Il
vaut mieux vivre cet événement planétaire
avec les Bleus, note François Pelissier, le
patron des sports de la chaîne. Cela resterait
néanmoins un moment très fort. » A voir.
Car la pilule serait rude à avaler. La chaîne
a investi 130 M€ pour acheter les droits
du Mondial. Elle cherche déjà à en
revendre une partie pour ne conserver
que 28 matchs (dont ceux des Bleus)
sur 64. Forcément, l’attractivité de
l’événement serait moindre sans la
France. Un revers aurait aussi des
conséquences sur les quatre
prochaines années. Jusqu’au
France - Ukraine de mardi
prochain, TF 1 débourse
4,1 M€ par match. Lors
d’un premier appel
d’offres pour la période
2014-2018, elle a proposé
seulement 2,5 M€
par rencontre. Et ce
n’est évidemment
pas une élimination
le 19 novembre
qui fera
remonter les
tarifs.
Tout le football
français impacté
« Il semble assez clair qu’une élimination des Bleus
abaisserait la note émotionnelle qui fait le charme
du foot auprès des sponsors et du grand public,
explique Gilles Dumas, le directeur de l’agence de
marketing sportif Sportlab. Forcément, il y aurait un creux
au niveau de l’intérêt de ce sport. Et cela se traduirait par
une baisse des investissements. Mais ce genre de conséquences
se mesurerait surtout la saison d’après. » Un avis partagé
en creux par Jean-Pierre Louvel, le président de l’Union des
clubs professionnels français. « La qualification de la France
est impérative pour nous tous, lâche-t-il. Cela aurait des
conséquences psychologiques négatives pour tout le
monde. Et j’inclus bien évidemment tous nos clubs
là-dedans. Il faut l’éviter. »
Une baisse des licenciés serait également inévitable. Il y a
trois ans, après le désastre de Knysna, la Fédération française
de football (FFF) avait déploré une baisse de 5,66% des
licenciés, leur nombre repassant sous la barre des 2 millions.
« Ce ne serait pas un drame total, pondère Fernand Duchaussoy,
l’ancien président de la FFF en 2010 et 2011.
Aucun rapport avec le désastre moral de Knysna. Financièrement,
la FFF a intégré cette hypothèse dans son budget.
Comme elle a blindé ses contrats, elle ne serait pas en péril. »
(Le Parisien)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire