samedi 16 novembre 2013

Vélodrome : la tribune Jean-Bouin prend ses quartiers

À Marseille, c’est bien connu, le mistral commande: l’entrée des paquebots, le lancement des grands feux d’artifice et la construction du stade Vélodrome. Pourquoi le toit n’a-t-il pas encore été installé sur le virage sud ? Parce qu’il fallait d’abord monter la tribune Jean-Bouin pour faire obstacle au mistral qui aurait assurément décoiffé le sud pendant les travaux.
Bonne nouvelle pour les South Winners, Jean-Bouin se dresse désormais au-dessus du boulevard Michelet. Du coup, le toit, ou plutôt la toile de la tribune sud, est progressivement installé. Dans trois semaines, le sud n’aura plus rien à envier au nord, déjà couvert. Sa toile sera fixée, qui protégera les 13.000 supporters de la pluie, du vent et des... gabians.
En effet, GFC Construction, qui dirige le chantier pour le gestionnaire Arema, a choisi du PTFE. Un matériau qui résiste aux coups de bec contrairement au stade de Munich couvert... de rustines après avoir été perforé par des oiseaux, parce que constitué par un autre matériau, l’ETFE. Voilà pour le volet technique auquel on ajoutera l’arrivée imminente d’un matériel de luminothérapie (qui n’a rien à voir avec l’éclairage habituel), destiné à se substituer... au soleil. Car les quatre toits plongent la pelouse dans une relative pénombre dont elle a évidemment du mal à s’accommoder. Question esthétique, on se dirige bel et bien vers le joyau qu’imaginait, il y a quelque temps, Michel Platini de passage à Marseille.
Hier, Bruno Botella, patron du chantier, a dévoilé la tribune Jean-Bouin, en cours de construction. Une tribune de 19 000 places (contre 22 000 pour Ganay et 13 000 pour chacune des deux autres tribunes) qui culminera à 50 mètres, ce qui en fera la plus haute du stade Vélodrome. Et la plus prestigieuse. Car c’est là, comme on a pu le constater hier, qu’émergent les 6.000 places prestiges destinées à enrichir les recettes du club qui sera ainsi moins dépendant de l’argent des droits TV, véritables perfusions du football français.
Avec de nouveaux profits, on pourra ainsi vivre à l’anglaise, comme Arsenal, ou à l’allemande, comme le Bayern, qui comptent avant tout sur leurs propres recettes. Mais il faudra attendre jusqu’à juin. Pour l’heure, on en est à la phase aménagement. Alors à quoi ressemblera Jean-Bouin dont il manque essentiellement le toit ?
Niveau 0: espaces sportifs et presse. Niveau 1: salon VIP et salon joueurs. Niveau 2: VIP, officiels et loge du président. Niveau 3: VIP, loges et bureaux. Niveau 4 et 5: VIP. Niveau 6: loges. Niveau 7: salon presse et commentateurs.
Si le public lambda sera majoritaire, les VIP seront rois à Jean-Bouin qui comprend donc huit niveaux et proposera 80 loges dont 16 rajoutées à la demande de l’UEFA. Au total Jean-Bouin offrira 1.263 places en loges réparties sur trois niveaux et comprenant entre 10 et 40 places. C’est vers ces étages qu’on se tournera pour apercevoir des têtes de célébrités. Qui viendront pour le sport mais aussi pour le spectacle. Hors matches de l’OM, six dates seront retenues chaque année.
Arema serait déjà en négociation avec un tourneur pour un grand concert (configuration 60 000 places contre 67 000 pour un match). Après Toulon-Toulouse fin mars (sans la tribune Jean-Bouin), le rugby sera encore à l’affiche, en 2014, mais aucune décision n’est arrêtée. Une chose est sûre : on attend 500 000 spectateurs par an, ce qui permettra de faire vivre le Vélodrome et de peupler cette tribune Jean-Bouin, véritable coffre-fort de l’enceinte. Une enceinte qui prend forme mais qui présente encore une inconnue. Quel sera son nom? Vélodrome restera mais une société viendra apposer sa marque. On sait seulement qu’elle sera américaine ou asiatique. Et qu’elle permettra au maire d’encaisser 3M d'euros par an. Un maire, co-partenaire avec Arema, qui aura vraisemblablement la chance, dès mars 2014 (soit trois mois avant la livraison), d’organiser une pré-inauguration. Juste avant les élections municipales, il aurait tort de s’en priver.

(La Provence)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.