À Marseille, c’est bien connu, le
mistral commande: l’entrée des
paquebots, le lancement des
grands feux d’artifice et la construction
du stade Vélodrome. Pourquoi le toit
n’a-t-il pas encore été installé sur le virage
sud ? Parce qu’il fallait d’abord monter
la tribune Jean-Bouin pour faire obstacle
au mistral qui aurait assurément
décoiffé le sud pendant les travaux.
Bonne
nouvelle pour les South Winners,
Jean-Bouin se dresse désormais au-dessus
du boulevard Michelet. Du coup, le
toit, ou plutôt la toile de la tribune sud,
est progressivement installé. Dans trois
semaines, le sud n’aura plus rien à envier
au nord, déjà couvert. Sa toile sera
fixée, qui protégera les 13.000 supporters
de la pluie, du vent et des... gabians.
En effet, GFC Construction, qui
dirige le chantier pour le gestionnaire
Arema, a choisi du PTFE. Un matériau
qui résiste aux coups de bec contrairement
au stade de Munich couvert... de
rustines après avoir été perforé par des
oiseaux, parce que constitué par un
autre matériau, l’ETFE.
Voilà pour le volet technique auquel
on ajoutera l’arrivée imminente d’un
matériel de luminothérapie (qui n’a
rien à voir avec l’éclairage habituel),
destiné à se substituer... au soleil. Car
les quatre toits plongent la pelouse
dans une relative pénombre dont elle a
évidemment du mal à s’accommoder.
Question esthétique, on se dirige bel
et bien vers le joyau qu’imaginait, il y a
quelque temps, Michel Platini de passage
à Marseille.
Hier, Bruno Botella, patron
du chantier, a dévoilé la tribune
Jean-Bouin, en cours de construction.
Une tribune de 19 000 places (contre
22 000 pour Ganay et 13 000 pour chacune
des deux autres tribunes) qui
culminera à 50 mètres, ce qui en fera la
plus haute du stade Vélodrome. Et la
plus prestigieuse. Car c’est là, comme
on a pu le constater hier, qu’émergent
les 6.000 places prestiges destinées à enrichir
les recettes du club qui sera ainsi
moins dépendant de l’argent des droits
TV, véritables perfusions du football
français.
Avec de nouveaux profits, on
pourra ainsi vivre à l’anglaise, comme
Arsenal, ou à l’allemande, comme le
Bayern, qui comptent avant tout sur
leurs propres recettes. Mais il faudra attendre
jusqu’à juin. Pour l’heure, on en
est à la phase aménagement.
Alors à quoi ressemblera
Jean-Bouin dont il manque essentiellement
le toit ?
Niveau 0: espaces sportifs
et presse. Niveau 1: salon VIP et salon
joueurs. Niveau 2: VIP, officiels et loge
du président. Niveau 3: VIP, loges et bureaux.
Niveau 4 et 5: VIP. Niveau 6: loges.
Niveau 7: salon presse et commentateurs.
Si le public lambda sera majoritaire,
les VIP seront rois à Jean-Bouin
qui comprend donc huit niveaux et proposera
80 loges dont 16 rajoutées à la
demande de l’UEFA. Au total
Jean-Bouin offrira 1.263 places en loges
réparties sur trois niveaux et comprenant
entre 10 et 40 places. C’est vers
ces étages qu’on se tournera pour apercevoir
des têtes de célébrités. Qui viendront
pour le sport mais aussi pour le
spectacle. Hors matches de l’OM, six
dates seront retenues chaque année.
Arema serait déjà en négociation avec
un tourneur pour un grand concert
(configuration 60 000 places contre
67 000 pour un match).
Après Toulon-Toulouse fin mars
(sans la tribune Jean-Bouin), le rugby
sera encore à l’affiche, en 2014, mais
aucune décision n’est arrêtée. Une chose
est sûre : on attend 500 000 spectateurs
par an, ce qui permettra de faire
vivre le Vélodrome et de peupler cette
tribune Jean-Bouin, véritable coffre-fort de l’enceinte. Une enceinte qui
prend forme mais qui présente encore
une inconnue. Quel sera son nom? Vélodrome
restera mais une société viendra
apposer sa marque. On sait seulement
qu’elle sera américaine ou asiatique.
Et qu’elle permettra au maire
d’encaisser 3M d'euros par an. Un maire,
co-partenaire avec Arema, qui aura
vraisemblablement la chance, dès
mars 2014 (soit trois mois avant la livraison),
d’organiser une pré-inauguration.
Juste avant les élections municipales,
il aurait tort de s’en priver.
(La Provence)
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