Avec plus de 250 entreprises dédiées au sport outdoor (ski, trail, canoë, VTT, parapente, escalade...),
la région Rhône-Alpes est classée n°1 du secteur en France.
PREMIER domaine skiable au monde
avec près de deux cents stations, mais
aussi des rivières, des parcs naturels,
des sites d’escalade, la région Rhône-
Alpes possède de nombreux atouts
naturels pour la pratique sportive.
Les
Rhônalpins eux-mêmes le savent
bien et ils en profitent. Un habitant sur
deux s’y adonne en effet régulièrement.
Si l’on ajoute les touristes – avec
par exemple, 43,5 millions de journées
de ski vendues dans la région, l’an dernier,
dont 32% à des étrangers –, voilà
un panel de choix pour l’industrie du
sport.
Ce n’est donc pas un hasard si
des marques comme Lafuma à Anneyron
(Drôme), Rossignol à Saint-
Jean-de-Moirans (Isère) ou le leader
mondial des raquettes de tennis, Babolat,
à Lyon, sont implantées depuis
longtemps dans la région.
Comme elles, d’autres sociétés
cherchent régulièrement cette proximité
avec leurs utilisateurs.«Nous
avons un pro shop (boutique du professionnel)
où les gens peuvent venir tester
gratuitement notre gamme et cela
nous permet d’avoir des retours instantanés
», explique Jean-Baptiste
Cotte, responsable du marketing des
skis Zag.
Pour cette société, créée il y a
dix ans et spécialisée dans la fabrication de skis pour
la «free randonnée»,
s’établir à Chamonix (Haute-Savoie)
constituait une évidence. «Nous réalisons
la moitié de notre chiffre d’affaires
à l’international, poursuit Jean-Baptiste
Cotte. Dès lors, c’est une grosse
valeur ajoutée d’être dans cette commune,
connue de tous et qui fait rêver
dans le monde entier. Ça permet de
crédibiliser nos produits, d’autant
qu’on travaille avec la Compagnie des
guides.»
Soutenue par un marché en croissance,
qui a connu une augmentation
de3% l’année dernière en France, l’industrie du sport
outdoor constitue un
moteur de l’économie en Rhône-Alpes.
Avec 250 sociétés dénombrées
(soit la moitié du volume national), la
région se place en tête de cette industrie
en France.
Parmi ces entreprises,
on trouve des fleurons comme Béal,
leader mondial de la corde de montagne,
à Vienne (Isère), le fabricant de
roues, jantes, pneus et accessoires de
vélo, Mavic, à Annecy où est aussi installé
l’équipementier de montagne
Millet. Mais aussi des PME parfois positionnées
dans des niches, comme la
Cordonnerie du Pont-Neuf à Cran-Gevrier,
près d’Annecy, qui fait du ressemellage
de chaussons d’escalade.
En 2011, l’ensemble de cette industrie
générait 5800 emplois. Cette donnée économique n’est
probablement
pas étrangère au taux de chômage de
la région, inférieur à la moyenne nationale
(9,3% au second trimestre 2013
contre10,5% pour la France métropolitaine). Dans ce domaine, on note aussi
une hausse de l’emploi de 7% entre
2010 et 2011, signe que la région, autrefois
concentrée autour de la filière textile,
a su faire sa mue.
Face à la concurrence des
pays à bas coûts, l’industrie
rhônalpine s’est tournée vers l’innovation,
et les institutions ont mis en place
diverses structures pour aider les entreprises à se pérenniser.
Aujourd’hui,
54% d’entre elles ont plus de dix ans
(contre 36% à l’échelle nationale).
Parmi ces structures figure le cluster
Outdoor Sport Valley, une association
née en 2009 qui regroupe des entreprises
du secteur de l’industrie du
sport. Elle propose un accompagnement à ses
adhérents (180 entreprises)
sous la forme de soirées thématiques,
de veille d’informations, de tarifs pour
réaliser un bilan carbone et des séjours
à l’étranger afin de se faire connaître.
Une aide appréciée par les responsables
de Zag, qui ont pour objectif de
passer de la fabrication de 3500 paires
de skis par an à 7000 ou 10000 d’ici à
trois ans. «On s’est affiliés cette année,
explique Jean-Baptiste Cotte. La mutualisation des
frais est intéressante.
On arrive ainsi à négocier les tarifs avec
les transporteurs. Et puis, dans notre
secteur, il est compliqué d’avoir des
chiffres fiables et récents. Les études
d’OSV sont suffisamment précises
pour nous permettre de prendre des
décisions. » Mais certainement pas
celle de quitter une région tournée vers
l’innovation.
(L'Equipe)
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