mercredi 20 novembre 2013

Le sport, moteur de l'économie en Rhône-Alpes

Avec plus de 250 entreprises dédiées au sport outdoor (ski, trail, canoë, VTT, parapente, escalade...), la région Rhône-Alpes est classée n°1 du secteur en France.
PREMIER domaine skiable au monde avec près de deux cents stations, mais aussi des rivières, des parcs naturels, des sites d’escalade, la région Rhône- Alpes possède de nombreux atouts naturels pour la pratique sportive.
Les Rhônalpins eux-mêmes le savent bien et ils en profitent. Un habitant sur deux s’y adonne en effet régulièrement. Si l’on ajoute les touristes – avec par exemple, 43,5 millions de journées de ski vendues dans la région, l’an dernier, dont 32% à des étrangers –, voilà un panel de choix pour l’industrie du sport.
Ce n’est donc pas un hasard si des marques comme Lafuma à Anneyron (Drôme), Rossignol à Saint- Jean-de-Moirans (Isère) ou le leader mondial des raquettes de tennis, Babolat, à Lyon, sont implantées depuis longtemps dans la région.
Comme elles, d’autres sociétés cherchent régulièrement cette proximité avec leurs utilisateurs.«Nous avons un pro shop (boutique du professionnel) où les gens peuvent venir tester gratuitement notre gamme et cela nous permet d’avoir des retours instantanés », explique Jean-Baptiste Cotte, responsable du marketing des skis Zag.
Pour cette société, créée il y a dix ans et spécialisée dans la fabrication de skis pour la «free randonnée», s’établir à Chamonix (Haute-Savoie) constituait une évidence. «Nous réalisons la moitié de notre chiffre d’affaires à l’international, poursuit Jean-Baptiste Cotte. Dès lors, c’est une grosse valeur ajoutée d’être dans cette commune, connue de tous et qui fait rêver dans le monde entier. Ça permet de crédibiliser nos produits, d’autant qu’on travaille avec la Compagnie des guides.»
Soutenue par un marché en croissance, qui a connu une augmentation de3% l’année dernière en France, l’industrie du sport outdoor constitue un moteur de l’économie en Rhône-Alpes. Avec 250 sociétés dénombrées (soit la moitié du volume national), la région se place en tête de cette industrie en France.
Parmi ces entreprises, on trouve des fleurons comme Béal, leader mondial de la corde de montagne, à Vienne (Isère), le fabricant de roues, jantes, pneus et accessoires de vélo, Mavic, à Annecy où est aussi installé l’équipementier de montagne Millet. Mais aussi des PME parfois positionnées dans des niches, comme la Cordonnerie du Pont-Neuf à Cran-Gevrier, près d’Annecy, qui fait du ressemellage de chaussons d’escalade.
En 2011, l’ensemble de cette industrie générait 5800 emplois. Cette donnée économique n’est probablement pas étrangère au taux de chômage de la région, inférieur à la moyenne nationale (9,3% au second trimestre 2013 contre10,5% pour la France métropolitaine). Dans ce domaine, on note aussi une hausse de l’emploi de 7% entre 2010 et 2011, signe que la région, autrefois concentrée autour de la filière textile, a su faire sa mue.
Face à la concurrence des pays à bas coûts, l’industrie rhônalpine s’est tournée vers l’innovation, et les institutions ont mis en place diverses structures pour aider les entreprises à se pérenniser. Aujourd’hui, 54% d’entre elles ont plus de dix ans (contre 36% à l’échelle nationale).
Parmi ces structures figure le cluster Outdoor Sport Valley, une association née en 2009 qui regroupe des entreprises du secteur de l’industrie du sport. Elle propose un accompagnement à ses adhérents (180 entreprises) sous la forme de soirées thématiques, de veille d’informations, de tarifs pour réaliser un bilan carbone et des séjours à l’étranger afin de se faire connaître.
Une aide appréciée par les responsables de Zag, qui ont pour objectif de passer de la fabrication de 3500 paires de skis par an à 7000 ou 10000 d’ici à trois ans. «On s’est affiliés cette année, explique Jean-Baptiste Cotte. La mutualisation des frais est intéressante. On arrive ainsi à négocier les tarifs avec les transporteurs. Et puis, dans notre secteur, il est compliqué d’avoir des chiffres fiables et récents. Les études d’OSV sont suffisamment précises pour nous permettre de prendre des décisions. » Mais certainement pas celle de quitter une région tournée vers l’innovation.

(L'Equipe)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.