Les tombereaux d’argent
déversés sur le football
européen ne sont pas
près de se tarir. L’inflation
semble même être sans
limite dans cet univers.
L’Union des associations
européennes de football, l’UEFA,
a réussi, en ces temps de crise,
à multiplier par plus de
deux le prix des droits de
retransmission en Grande-Bretagne
des matchs de la Champions
League, la compétition
la plus relevée du marché européen.
L’appel d’offres pour les
trois années à partir de la saison
2015-2016 a été remporté,
ce week-end, par l’opérateur
britannique de télécommunications
BT.
En offrant 897 millions de
livres (1,07 milliard d’euros)
pour pouvoir diffuser en
direct ces matchs de foot, l’ex-monopole
du téléphone va
encourager l’inflation des salaires
des joueurs.
Même si son
objectif n’est pas de voler au
secours du pouvoir d’achat de
ces jeunes millionnaires.
En mettant de tels montants
sur la table, BT déclare la guerre à
BSkyB, le champion de la télévision
payante par satellite. Encore
détenu à 39% par News Corp,
le groupe de Rupert Murdoch, le
CanalSat britannique avait bâti
son succès commercial et sa rentabilité exceptionnelle sur la
diffusion
exclusive des matchs de
foot auprès de ses abonnés.
Alors qu’en France, Orange a
rétropédalé après une incursion
sur ce marché astronomiquedes
droits du foot, BT est aujourd’hui
dans une stratégie prédatrice.
Déjà en juin 2012, il avait
mis fin au monopole que BSkyB
exerçait sur le célèbre championnat
anglais, la Premier League,
depuis sa création en 1992.
L’opérateur télécoms a lancé
cet été trois chaînes sportives
gratuites et a déjà contraint
BSkyB à baisser ses prix. Mais en
offrant à ses abonnés à l’Internet
haut débit des matchs du
Bayern de Munich de Franck
Ribéry comme ceux du Manchester
United de Wayne Rooney ou
du PSG de Zlatan Ibrahimovic,
BT compte gagner de nouveaux
clients et limiter le turnover,cette
coûteuse rotation du portefeuille
d’abonnés.
Le débat sur le prix s’annonce
sans fin.BT a-t-il trop payé ce ticket
d’entrée ? Probablement.
Mais alors que l’opérateur de
télévision par satellite était
venu sur ses plates-bandes en
lançant des offres d’accès à Internet
haut débit, tandis que le
câblo-opérateur Virgin Media a
depuis longtemps fait converger
ses offres de tuyaux (l’accès à
Internet) et de contenus (la télévision
payante), BT ne pouvait
rester à l’écart de ces stratégies
commerciales.
Pour l’heure, c’est BSkyB qui
se retrouve sur la défensive. Ses
actions ont chuté de 11 %, lundi
11 novembre, à la Bourse de Londres.
La fidélité de ses 11 millions
de clients qui payent 500 livres
par an (près de 600 euros) va
être mise à rude épreuve au pays
du ballon rond. La guerre commerciale
s’annonce aussi rude
que les mauvais coups sur le
gazon. Et la présence de la chaîne
qatarie beIn Sport dans le paysage
européen n’est pas de nature
à ralentir la flambée des prix.
(Le Monde)
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