vendredi 15 novembre 2013

Jean-Louis Triaud : "Qu’est-ce qu’on en a à faire de Pascal Dupraz ?"

Selon Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux, dont les comptes sont déficitaires, ne peut pas payer la taxe à 75 % sans l’aide de M6.
Qu’attendez-vous de Jean Glavany qui, ce mercredi, commence sa médiation sur la taxe à 75 % ?
Jean-Louis Triaud. On va y aller mais je ne sais pas si on sera entendu. Je ne sais pas quels sont les pouvoirs de Jean Glavany, ce qu’il connaît du football. Je suis un peu sceptique. Je pense qu’il va nous endormir, la loi sera votée et il faudra payer. Pourtant, je n’ai jamais vu un club distribuer des dividendes à ses actionnaires. C’est une activité totalement déficitaire.
Combien cette taxe va-t-elle coûter aux Girondins et combien de joueurs sont concernés ?
Cela va nous coûter globalement six millions sur deux saisons et cela concerne environ une dizaine de joueurs. Il suffit qu’ils gagnent 70 000 euros par mois pour être concernés. Vous ajoutez les primes d’objectif, avec une victoire en Coupe de France, un huitième de finale de Ligue Europa et on y est. Pourtant, en masse salariale, on est relativement raisonnable. Certains clubs évitent la taxe juste parce qu’ils n’ont rien gagné.
Si cette mesure était maintenue qu’est-ce que cela implique pour les Girondins, déjà en déficit ?
On ne pourra pas la payer ! Cela nécessitera soit l’intervention de notre actionnaire, soit, s’il en a marre de payer, que l’on se débrouille et là, ça passera peut-être par des cessions de joueurs… On trouve que les joueurs sont trop payés mais on vous reproche de ne pas recruter de grands noms pour disputer la Ligue des champions ! On ne peut pas nous reprocher tout et son contraire.
Votre grève est très impopulaire…
Parce que les gens pensent que ce sont les joueurs qui vont payer, alors que ce sont les clubs. Or, on nous prend déjà une taxe de 5 % sur nos revenus pour les sports mineurs, alors que je n’ai jamais vu que l’on taxait l’industrie, aéronautique par exemple, ou pour sauver l’automobile. On donne 130 millions d’euros par an au monde amateur, 1 % de nos recettes à la Ligue 2. Nous payons la totalité des charges sociales puisqu’elles sont déplafonnées, soit 1,6 million par an, pour un salaire de 4 millions. Pourtant, un joueur en arrêt maladie ne va toucher que deux fois le plafond de la sécu…
Certains, comme Pascal Dupraz, l’entraîneur d’Evian, ne sont pas d’accord avec cette grève…
Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de Pascal Dupraz ? Il n’est pas président et joue le maintien tous les ans ! La taxe, ça ne le concerne pas. M. Dupraz doit être un fervent socialiste et défend les idées du gouvernement. Mais si les clubs n’avaient pas de moyens, ils ne pourraient pas acheter les joueurs qu’il transfère, même si les siens ont 40 ans…
Cela remet-il en cause la prolongation de Cédric Carrasso ?
En principe, on a un accord avec lui pour une prolongation de deux ans. On s’est rapproché de ce qu’il voulait. Bien entendu, cette taxe a une incidence sur cette prolongation. Mais on respectera l’accord que l’on a passé avec lui.

(Sud Ouest)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.