lundi 25 novembre 2013

Fiscalité : Monaco poursuit son travail de lobbying

Monaco poursuit son lobbying auprès des instances du football français tout en faisant oeuvre de diplomatie afin de faire annuler une décision de la LFP lui imposant de déplacer son siège social en France. Le tout, sans sembler faire du retrait de la taxe à 75% sur les rémunérations de plus d'un million d'euros une priorité absolue.

Après avoir laissé, dans un premier temps, l'ancien président du club et ex-vice-président de la LFP Jean-Louis Campora mener, sans succès, les négociations avec les instances du football français, le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev, qui a sauvé le club en janvier 2012, a repris la main. Depuis, son vice-président, Vadim Vasilyev, s'invite régulièrement à chaque rassemblement des présidents des clubs professionnels français afin de marteler un seul et unique message, selon lequel Monaco ne joue pas contre le Championnat de France, mais bien en faveur de sa renommée et d'un retentissement international.
Les arrivées de Falcao, Rodriguez ou Moutinho, conjuguées à celles des internationaux français Abidal, Kondogbia ou Toulalan ont d'ailleurs accrédité cette thèse.
Car Monaco, nouveau riche, intrigue médias et clubs européens. Par ricochets, c'est toute la Ligue 1 qui en ressort plus exposée et donc financièrement plus attractive pour les diffuseurs internationaux.
Mais Monaco, qui ne peut nier ses avantages fiscaux actuels, s'arc-boute également sur un principe auquel même le Palais princier ne déroge pas: le club doit rester à Monaco. C'est une question de souveraineté nationale. Monaco s'appuie, en outre, sur la convention fiscale franco-monégasque du 13 octobre 1963, précisant qu'un Français travaillant en Principauté est imposé, et sur l'ordonnance du 8 février 1869 selon laquelle un étranger (exceptés Français et Espagnols) ne paie pas d'impôt.
Le jeudi 14 novembre dernier, le président François Hollande a effectué une visite officielle en Principauté et a rencontré le Prince Albert. Cette question a certainement été évoquée entre les deux hommes.
A son niveau, c'est donc un jeu subtil entre promesse et fermeté que se doit de tenir Vasilyev pour rallier les clubs français à sa cause. Aujourd'hui, si la décision de la LFP lui imposant de déplacer son siège social en France n'a pas été revue, Monaco sait désormais compter sur quelques soutiens importants de clubs de l'Hexagone.
D'autant plus que le club du Rocher est aux côtés de ses homologues français concernant la volonté de dénoncer la prochaine taxe à 75% portant sur les rémunérations de plus de 1 million d'euros annuels.
Un amendement au budget 2014 a récemment été adopté par les sénateurs socialistes. Il prévoit que l'ensemble des clubs sportifs professionnels affiliés à une fédération française, quel que soit leur lieu d'établissement et leur nationalité, soit soumis à la taxe.
Cela inclut de facto Monaco, club qui offre, avec le Paris SG, les plus gros salaires de L1. Le club n'a pas réagi officiellement. Il entend demeurer dans le sillage des frondeurs mais pas en première ligne. Car, si cet amendement le concerne désormais, c'est parce qu'il évoque les club étrangers affiliés à une fédération sportive française. C'est exactement ce qu'entend rester l'AS Monaco.

(AFP)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.