Des peines de prison avec sursis assorties d'interdiction de stade
ont été infligées aux supporteurs stéphanois et niçois qui
comparaissaient jeudi en correctionnelle pour des violences avant un
match de football (L1) à Nice le 24 novembre, des peines jugées
"satisfaisantes" par la défense.
Si les sept jeunes hommes ont
bien tous été jugés coupables d'avoir participé à ces heurts, aucun
d'entre eux n'a été condamné à de la prison ferme, contrairement à ce
qu'avait requis le ministère public devant le tribunal de Nice.
Plusieurs
dizaines de supporteurs de l'OGC Nice ont attendu pendant des heures la
sortie du palais de justice du seul Niçois mis en cause, condamné pour
violences sur un supporteur stéphanois.
Le jeune homme qui est
reparti en fourgon de police pour régler les derniers détails
administratifs de sa sortie de détention, a été acclamé par un
"clapping" assorti d'un "Bisow, Bisow" (son surnom de supporteur),
scandé comme un seul homme.
"C'est la fin d'un cauchemar pour ce
jeune homme qui n'aurait jamais fait de prison s'il n'y avait pas eu ce
contexte footballistique et médiatique. Justice est passée et les peines
sont satisfaisantes", a estimé Me Franck de Vita, son avocat.
"Un
coup de pied, ça ne mérite pas la prison", a quant à lui réagi le chef
de la Populaire Sud (brigade de supporteurs niçois) Fred Marquet.
Pour éviter toute échauffourée, des dizaines de policiers sécurisaient le tribunal et ses abords.
Placés
sous mandat de dépôt à l'issue d'une comparution immédiate le 5
décembre, le Niçois et un prévenu stéphanois, tous deux déjà interdits
de stade, ont finalement écopé de six mois avec sursis et deux ans
d'interdiction de fréquenter une enceinte sportive. Le ministère public
avait requis cinq mois ferme à leur encontre.
Conformément aux
réquisitions du procureur cette fois, quatre autres supporteurs
stéphanois comparaissant libres ont écopé de peines de quatre à six mois
de prison avec sursis, d'une amende de 750 euros et d'une interdiction
de stade de 12 à 18 mois. Ils devront aussi effectuer 170 heures de
travaux d'intérêt général dans un délai de 18 mois.
Une amende de
300 euros a été infligée au dernier Stéphanois, un jeune homme de 19 ans
accusé d'avoir lancé une bouteille de soda en plastique vers les
supporteurs adverses, alors que six mois de suspension de stade et 750
euros d'amende avaient été requis à son encontre.
"Il faut que ces
supporteurs comprennent que quand on est dans un match, on ne rentre
pas en guerre", avait tancé le procureur Norbert Dornier dans son
réquisitoire.
Plusieurs d'entre eux, interrogés par le président
du tribunal Marcel Tastevin, se sont défendus en assurant avoir "suivi
le mouvement de foule", "bêtement".
Dans sa plaidoirie, Me Adrien Verrier, avocat de la ville de Nice qui s'est constituée partie civile pour préjudice matériel et
d'image, a fustigé ce type de supporteur violent qui "dépose son cerveau
à l'entrée du stade" avant d'assister à une rencontre.
Les
violences, survenues une heure avant le début du match
Nice-Saint-Etienne, comptant pour la 14e journée de L1, avaient fait
huit blessés parmi les stadiers et entraîné la dégradation de 191 sièges
dans le stade flambant neuf de l'Allianz Riviera.
Une audience
civile destinée à déterminer les dommages et intérêts à verser aux
parties civiles a été fixée au 15 avril 2014. La Fédération française de
football, la Ligue professionnelle de football et la ville de Nice ont été déclarées recevables en qualité de parties civiles,
contrairement à l'AS Saint-Etienne et à l'OGC Nice qui ont été déboutés.
(AFP)
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