dimanche 22 décembre 2013

La taxe à 75% est effective pour 2013 et 2014... et la grève reste une éventualité

LE PROJET DE LOI de finances pour 2014 et son cortège de mesures fiscales ont été adoptés, jeudi 19 décembre, par l'Assemblée nationale. Un vote sans surprise obtenu à l'issue d'un scrutin à main levée. Pour le football, cela signifie que la taxe à 75% sur la tranche des revenus supérieurs à un million d’euros est désormais effective pour 2013 et 2014.
Selon les calculs de la Ligue, il doit en coûter 44 millions d’euros annuels aux clubs professionnels. «Ce n’est malheureusement pas une surprise, lâche Michel Seydoux, le président de Lille, en pointe dans ce dossier. Nos arguments n’ont pas été entendus. Mais ce n’est pas fini. Je me souviens que la première version de la taxe à 75% a été retoquée…Taxer les entreprises qui ne gagnent pas d’argent me paraît totalement anticonstitutionnel. » En soutien, Jean- Pierre Louvel, le président du Havre et de l’UCPF, le syndicat des clubs, enfonce le clou : «On ira jusqu’au bout.»«On va aller devant le Conseil constitutionnel, traduit Bernard Caïazzo, le président du conseil de surveillance de Saint-Étienne. C’est la logique des choses.»
En fait, des parlementaires de l’opposition ont déjà déposé un recours devant le Conseil constitutionnel.
Un mémoire expliquant le préjudice causé par ce texte au football a également été transmis aux « Sages » par la Ligue. «Il est signé conjointement de la Ligue, de l’UCPF et de l’Union des acteurs du football (les syndicats représentant les joueurs, les entraîneurs…), détaille Frédéric Thiriez, le président de la LFP. Nos arguments portent sur trois points : la rétroactivité de cette taxe, son caractère confiscatoire, mais aussi discriminatoire, car elle va frapper presque exclusivement les clubs de football.»
En attendant l’issue de ce recours, les discussions avec Jean Glavany, député socialiste des Hautes-Pyrénées et président d’un groupe de travail sur le football durable (sic), se poursuivent pour trouver des aménagements à cette taxe. Pour l’heure, rien de spectaculaire n’a émergé de ces échanges. De quoi ranimer l’idée d’une grève (baptisée journée blanche), au départ prévue fin novembre et qui a été simplement «repoussée» pour laisser une chance à la médiation ? «À la fin de la mission Glavany, on prendra position, assure Jean- Pierre Louvel. Jusqu’à fin janvier, ça reste une éventualité.» Mais Jean-Michel Aulas, le président de Lyon, n’y croit pas : «J’ai l’impression que c’est du passé. Je n’étais pas initiateur de cette idée. Et je n’en serai pas l’ordonnateur. »

(L'Equipe)

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.