Propriété du fonds d'investissement qatari QSI, le Paris SG est
également au coeur de la stratégie de l'Emirat dans le secteur du
tourisme, via un contrat très lucratif et qui suscite beaucoup
d'interrogations.
"On commence à ressentir l'importance du PSG au
Qatar. On a vu les affiches avec les têtes des joueurs sur le trajet
depuis l'aéroport. Je sais qu'il y a eu énormément de demandes pour le
match contre le Real Madrid jeudi. On sent cet engouement, c'est très
bien", a commenté lundi l'entraîneur Laurent Blanc interrogé lundi en
conférence de presse sur la cote d'amour du club parisien au Qatar.
Dans
la capitale Doha, le PSG est mis en avant partout, de l'aéroport aux
installations sportives, en passant par les centres commerciaux et les
journaux.
En plus des affichages à Paris et des publicités dans
les médias français, ce sont là les effets les plus concrets du fameux
contrat signé avec l'office du tourisme du Qatar (QTA), qui rapporterait
autour de 200 millions d'euros par an au club mais qui pose question
alors que l'UEFA met en place son fair-play financier.
"Nous sommes associés avec le seul club de foot de Paris, première destination touristique au monde. La ville de Paris fait donc partie de notre stratégie. De façon indirecte nous
bénéficions du prestige, de l'image culturelle et du nombre de touristes
qui y viennent chaque année", a expliqué lundi à l'AFP Rashed
Al-Qurese, directeur marketing de QTA, lors d'un entretien à Doha, où le
PSG est en stage.
Assis sur d'immenses réserves de gaz, le Qatar,
dont une banque et un opérateur téléphonique (QNB et Ooredoo) sont
sponsors du PSG, souhaite désormais diversifier ses activités
économiques, via le sport et le tourisme.
Dans ce contexte, le PSG et ses vedettes sont censés véhiculer
une bonne image de l'Emirat, qui espère atteindre le chiffre de sept
millions de visiteurs par an d'ici 2030, contre 1,2 million aujourd'hui.
"L'industrie
du tourisme est quelque chose d'énorme, sans doute le premier employeur
au monde. C'est un secteur d'activité qui brasse des milliards de
dollars par an", explique M. Al Qurese.
"Bien sûr, on ne construit
pas une destination touristique en un clin d'oeil. Nous avons eu
beaucoup de succès en tant que destinations d'affaires grâce à notre
économie florissante. Nous voulons désormais également grandir en tant
que destination de loisirs", a-t-il ajouté.
"Nous avons fait des
sondages et le niveau de reconnaissance du Qatar est déjà très élevé,
autour de 90%. Nous voulons travailler sur deux autres indicateurs. Le
premier: envisagez-vous de venir au Qatar ? Le 2e: avez-vous franchi le
pas ?", a-t-il encore expliqué.
La stratégie est claire mais le
montant de l'investissement de QTA fait grincer des dents chez certains
rivaux du PSG, le Bayern Munich notamment, qui y voient une entorse au
fair-play financier.
Pour Frédéric Bolotny, économiste et chercheur au Centre de droit
et d'économie du sport de Limoges, le contrat avec QTA est ainsi
"totalement hors marché".
"C'est quatre fois plus que les plus
gros contrats européens. Ce contrat est évidemment fait pour renflouer
les comptes d'exploitation du club, qui sont en déficit d'environ 150
millions d'euros, car le fair-play financier porte sur le déficit
d'exploitation et non sur l'endettement", avait-il déclaré début
novembre à l'AFP.
Les experts de l'UEFA ont déjà entendu les
dirigeants parisiens à ce sujet en novembre et d'autres rendez-vous sont
prévus au premier semestre 2014.
Mais pour le PSG et ses partenaires qataris, ce contrat est indiscutable, car unique.
"Ce
qu'il faut comprendre c'est que ce n'est pas du sponsoring. C'est une
association innovante, un partenariat à part, jamais vu auparavant dans
le football", a ainsi affirmé lundi M. Al-Qurese.
"On est dans une
autre catégorie. Nous n'avons pas un logo à montrer, cela n'a aucune
importance pour nous de savoir combien de personnes voient le logo QTA.
Ce qui compte c'est le Qatar en tant que destination touristique",
a-t-il ajouté.
Cela rapporte beaucoup d'argent au PSG, mais c'est désormais à l'UEFA de dire si cela se justifie.
(AFP)
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