A six mois du coup d'envoi du Mondial, le stade de Cuiaba, en
Amazonie, n'a ni pelouse ni sièges, les hôtels manquent de lits et le
réseau de transport reste une promesse. Mais la ville sera prête, continuent d'affirmer les organisateurs.
"Nous
avons 56 chantiers, beaucoup de travaux ont pris du retard, mais ils
seront finis à temps", a assuré à l'AFP le secrétaire d'Etat du Mato
Grosso pour la Coupe du monde de football, Mauricio Souza Guimaraes.
De
fait, tout Cuiaba, dans cet Etat du centre-ouest du Brésil, n'est qu'un
gigantesque chantier: depuis l'aéroport jusqu'aux principales avenues,
embouteillées en raison de la construction d'un système de véhicules
légers sur rails.
"Il s'agit d'une véritable transformation de Cuiaba", se félicite le gouverneur du Mato Grosso, Silval Barbosa.
Mais le doute plane sur cette ville où il fait 40°C et la plupart des quelque 600.000 habitants ne croient pas à cette "transformation" promise.
"Il
n'y a pas de planification, tout est plus cher, et maintenant c'est une
course contre la montre", déplore le conseiller municipal d'opposition
Dile Mario Alencar, en charge de la commission qui surveille les travaux
pour la Coupe du monde.
A l'endroit de la future pelouse du stade Arena Pantanal, dont le
coût de construction est estimé à 540 millions de réais (235 millions de
dollars), pour quatre matches du Mondial, on voit aujourd'hui une
piscine de sable. Avec la chaleur, on se croirait dans le désert, et les
ouvriers se protègent en nouant leur chemise autour du cou et avec un
chapeau sous leur casque de protection.
Certes, le stade est prêt à
87%, mais il manque les finitions. La Fifa exige qu'il lui soit livré
le 31 décembre pour pouvoir effectuer les tests les mois suivants.
Le
gouverneur a indiqué récemment qu'il faudrait quelques jours
supplémentaires en janvier pour terminer le stade. Mais son secrétaire
aux travaux est formel: "Il n'y a pas de plan B, le stade sera livré
comme prévu", affirme M. Guimaraes.
"Cela va être difficile, on
entre dans la saison des pluies et cela complique les travaux", rétorque
le conseiller municipal Alencar, soulignant que l'un des deux centres
d'entraînement devant être livrés en avril "n'est prêt qu'à 10%".
Lors
de la dernière visite du secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke,
en octobre, une cinquantaine de personnes avaient envahi le stade pour
exiger de meilleurs salaires pour les fonctionnaires et protester contre
les dépenses du Mondial.
Exemple de ces surcoûts: dans le stade Arena Pantanal, le prix
des sièges serait "200% supérieur à celui des sièges du stade de
Brasilia", selon M. Alencar. Surfacturation ? Pas du tout a rétorqué M.
Guimaraes, en expliquant que "la qualité des sièges est meilleure que
celle des autres stades".
Face à cette polémique, le fournisseur a fini par baisser ses prix, et les sièges vont pouvoir être installés.
Pendant le Mondial, trouver une chambre d'hôtel pourra être difficile, même si la ville s'est dotée de neuf nouveaux hôtels, ce qui porte sa capacité hôtelière à 25.000 lits, contre 13.000 auparavant.
Mais
le déficit reste là, face à un stade de 43.000 places, et "on cherche
des alternatives" chez l'habitant, a expliqué M. Guimaraes.
Au
centre de Cuiaba, l'horloge officielle qui marque le compte à rebours
pour la grand messe du football international, du 12 juin au 13 juillet
prochain, a cessé de fonctionner il y a quelques jours. A quelque
mètres, une coiffeuse peigne une cliente, au beau milieu de la place.
"Ce
qui ne sera pas prêt pour le Mondial ne le sera jamais, vous verrez",
prédit la coiffeuse, Ana Fashion, comme elle souhaite être identifiée.
Et d'éclater de rire en continuant de peigner Karol Santos, 15 ans, qui a
un autre plan pour le Mondial: "Etre bien loin d'ici".
(AFP)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire