Le président du Stade Toulousain Jean-René Bouscatel, démissionnaire
du comité directeur de la Ligue nationale de rugby, a dénoncé lundi les
contraintes imposées aux clubs du Top 14 et réclamé une libéralisation
du secteur. Le président, qui était à la LNR depuis 1998, refuse
de cautionner la nouvelle convention entre celle-ci et la Fédération
française de rugby.
Comment vous sentez-vous après cette démission ?
"Je
suis très apaisé, en totale harmonie avec moi-même car cela me pesait
beaucoup de devoir me battre contre des moulins à vent. Cette décision
n'a pas été prise par dépit ou de colère vis-à-vis du dernier avatar, la
signature de la convention Fédération-Ligue notamment sur la mise à
disposition des joueurs internationaux, une décision que je regrette et
que je combats. Il y a longtemps que je considère que le rugby français
(n'est) pas dans une grande cohérence, avec des conflits permanents
entre Fédération et Ligue, entre équipe de France et les clubs".
Quel constat faites-vous de ces décisions de la LNR que vous contestez ?
"Il est paradoxal que cette nouvelle convention mette en péril le
projet sportif d'un club comme le nôtre, qui met à la disposition du XV
de France le plus grand nombre d'internationaux. J'ai pris cette
décision pour essayer de l'extérieur de la Ligue - et non pas du rugby -
d'apporter une contribution à l'évolution de la situation. Il est temps
que les clubs et leurs présidents se prennent en mains, se retrouvent
pour discuter ensemble et trouver des solutions à des problèmes communs
(nombre de matches, salary cap, dispositif des jeunes issus des filières
de formation française, ndlr). Je souhaite une réunion informelle, +un
club+ où les présidents se réunissent en tenant compte de l'aspect
sportif de leurs clubs".
N'est-ce pas une vision pessimiste ?
"Malheureusement
en France, bien souvent, nous ne sommes pas suffisamment pragmatiques
et on croit régler les problèmes en édictant des textes. Au rugby, on
interdit tout, on règlemente tout, on empêche la liberté. Il faut
arrêter de contraindre les clubs. Il faut, au contraire, faire en sorte
de donner un espace de liberté, c'est mon but. Je crois que c'est dans
la liberté et la concurrence qu'on peut se développer".
Ne risquez-vous pas de vous sentir seul ?
"C'est un
début. Je ne serai pas seul. Beaucoup sont demandeurs et je pense que je
serai plus efficace, pour mon club et pour l'ensemble du rugby des
clubs, pour aller dans ce sens. Je n'ai pas de solutions miracle, j'ai
des idées (un Top 12, une refonte du calendrier international avec une
réduction des tournées, ndlr). Je vais les confronter aux autres
présidents. Il n'y a que dans le microcosme du rugby qu'on n'arrive pas à
le comprendre, on ne peut continuer à aller dans le mur. Une
compétition sportive, sa nécessité c'est l'équité. Lorsqu'on organise
des compétitions en faisant que les 30 meilleurs clubs du Top 14 ne
pourront pas jouer la moitié des matches, je dis que c'est une
compétition inéquitable, dévalorisée".
(AFP)
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