Financée par un richissime homme d'affaires, comme son homologue du
football, l'AS Monaco Basket s'est donné les moyens de ses ambitions:
retrouver au plus vite l'élite qu'elle a quittée il y a plus de 20 ans.
L'étage
inférieur: au propre comme au figuré, c'est là qu'évolue l'équipe de
basket-ball du Rocher, sous la pelouse du stade Louis-II où brillent les
vedettes du ballon rond comme Radamel Falcao, Eric Abidal ou Joao
Moutinho.
Quand sa voisine reçoit des formations huppées comme le
PSG ou l'Olympique de Marseille, les basketteurs accueillent Vichy,
ex-pensionnaire de Pro A, Sorgues, Montbrison ou encore Cognac. Dans le
plus grand anonymat.
Elle est loin, l'époque où le club évoluait
parmi l'élite et comptait plusieurs internationaux dans ses rangs, dont
Philip Szanyiel ou Eric Beugnot. Coleader de Nationale 1 avec Angers
avant la 15e journée, la Roca Team se reconstruit avec, comme premier
objectif, l'accession en ProB en fin de saison. Une victoire samedi
(20h00) à domicile face à son concurrent du Pays-de-la-Loire la mettrait
sur le bon chemin.
Mais l'AS Monaco Basket peut-elle se faire un
nom dans une Principauté où la section football et ses étoiles attirent
tous les regards?
"Il y a eu la place pour deux grands clubs
de football et de basket jusqu'au début des années 90, donc pas de
raison qu'il n'y en ait plus", répond le président Arnaud Giusti, 42
ans, ancien intérieur de 2 m, qui a connu "les années fastes du club en
tant qu'espoir".
Arrivé à la tête de l'ASM Basket en 2009 quand
elle était encore en Nationale 2, il a fait appel à Jean-Michel Sénégal,
ex-joueur et entraîneur de Limoges notamment, pour obtenir la montée en
N1. C'est désormais au Franco-Monténégrin Savo Vucevic, ancien coach
d'Antibes (ProA), que revient la mission de poursuivre l'ascension.
Grâce à l'aide substantielle du mécène du club, l'Ukrainien et résident monégasque Sergei Dyadechko, qui assure 70% d'un budget d'1,2 million d'euros selon M. Giusti, l'ASM a pu engager en début de saison des joueurs d'expérience.
L'ailier
américano-nigérian Derrick Obasohan (ex-Cholet, ProA) passé notamment
par Strasbourg (ProA), la Turquie (Trabzonspor) et l'Espagne (Badalona),
et le Serbe Aleksic Milutin (ex-Spirou Charleroi) sont ainsi arrivés
sur le Rocher, sans oublier le meneur français, ancien de Cholet
(2008-2009), Michael Mokongo.
Après avoir mal débuté la saison, en
concédant deux défaites en trois matches, l'équipe monégasque a
conforté dimanche sa place de coleader par un succès probant chez le
quatrième Charleville (82-68) et devance Vichy, troisième, d'un point.
"On
est dans une spirale positive, on doit continuer sur notre lancée",
commente Savo Vucevic. "Tout le monde pensait qu'on était archi-favori,
on ne l'est pas. Il est beaucoup plus difficile de monter de N1 en ProB
que de ProB en ProA", estime-t-il.
Pour être certain de monter, il est nécessaire de terminer premier, le deuxième billet se gagnant en play-offs.
En cas d'accession, "il nous faudra doubler le budget",
assure pour sa part Arnaud Giusti, en soulignant que le mécène du club,
également propriétaire du BC Donetsk en Ukraine, est pressé d'intégrer
l'élite.
S'il accède, dans un premier temps, à la ProB (verdict le
31 mai), le club, qui pourra passer de deux à quatre étrangers
réglementairement, devra encore gonfler ses rangs. "Il faudra aussi
étoffer les structures même si on a déjà toutes les pièces du puzzle",
précise le président.
Le coach Savo Vucevic a, lui, signé un
contrat qui lui assure de continuer l'aventure en cas de montée: "J'ai
accepté ce défi. On prend beaucoup de risques en disant qu'on va monter
mais ce qui est sûr c'est que je n'ai pas envie de rester plusieurs
années en Nationale 1."
(AFP)
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