Une petite majorité de Brésiliens (55%) estiment que la Coupe du
monde (12 juin-13 juillet) à domicile apportera de manière générale plus
d'inconvénients que d'avantages, selon un sondage publié mardi par le
quotidien Folha de Sao Paulo.
Parmi les sondés, 36% pensent au contraire qu'il y aura plus d'avantages.
Les
proportions sont équivalentes quant aux effets du tournoi sur les
sondés eux-mêmes: 49% penchent pour les inconvénients, 44% pour les
avantages, et 20% sont sans opinion.
Les courbes se sont croisées
depuis l'enquête précédente réalisée fin juin 2013, en pleines
manifestations massives durant la Coupe des Confédérations: 48% des
Brésiliens voyaient plus d'avantages dans la Coupe du monde de manière
générale (contre 44%). Pour leur cas personnel, il étaient 44% contre
41%.
"Même maintenant, en dehors du climat de protestation, cette
critique de la réalisation du Mondial a crû, estime Mauro Paulino, le directeur général de l'institut de sondages Datafolha. C'est un résultat important, puisqu'auparavant, les gens étaient plus partagés".
Les
sondés sont toutefois plus nombreux à être en faveur de la réalisation
de la Coupe du monde au Brésil (48%) que contre (41%). Les proportions
en février 2014 étaient respectivement de 52% et 38%.
Un précédent
sondage publié le 24 mars faisait état de ce scepticisme croissant,
avec une majorité de Brésiliens (54%) s'attendant à ce que le tournoi
organisé à domicile soit de manière générale "moyen", "mauvais" ou "très
mauvais".
Pour autant, 82% des personnes interrogées avaient
l'intention de suivre la compétition, une proportion déjà constatée pour
les éditions précédentes en Allemagne (2006) et en Afrique du Sud
(2010) lors d'enquêtes réalisées à la même période de l'année.
Un
autre sondage publié le 24 février avait fait état d'une courte majorité
de Brésiliens (52%) favorables aux manifestations, soit la plus faible
proportion depuis la fronde sociale qui avait secoué le pays en juin
2013. 32% seulement se disaient favorables aux manifestations durant le
Mondial.
Le pays avait été secoué par une fronde sociale
historique lors de la Coupe des Confédérations, marquée par des
affrontements violents, pour protester contre la hausse du prix des
transports puis pour réclamer l'amélioration des services publics, la
fin de la corruption en politique et enfin pour dénoncer la colossale
facture du Mondial.
Depuis, les manifestations ont continué avec
une fréquence en baisse mais se sont radicalisées, dégénérant quasi
systématiquement en actes de vandalisme perpétrés par des militants
radicaux. Un caméraman avait trouvé la mort lors d'une manifestation le
10 février à Rio de Janeiro, touché à la tête par un feu d'artifice.
(AFP)
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