A peine inauguré, le nouvel AccorHotels Arena (ex-Paris-Bercy) dont
le nom avait déjà suscité la moquerie, se trouve pointé du doigt à cause
d'une publicité jugée sexiste, que la mairie de Paris a fait retirer vendredi.
"C'est
un choix malheureux et extrêmement regrettable qui montre un manque de
perception de la façon dont le rapport hommes-femmes a changé", a
indiqué à l'AFP Jean-François Martins, adjoint de la mairie de Paris en charge des sports.
"Nous
avons demandé à la SAE (société qui exploite la salle pour la
municipalité) de retirer la campagne" du métro, a-t-il ajouté.
"AccorHotels
Arena regrette que sa campagne de communication ait suscité des
réactions négatives et fait donc retirer le visuel en question", a réagi
la structure sur Twitter.
De son côté, le groupe AccorHotels a
affirmé à l'AFP avoir "demandé dès hier (jeudi, ndlr) à l'AccorHotels
Arena le retrait des visuels de sa campagne de publicité".
"Le
groupe regrette que cette campagne ait pu choquer et tient à présenter
ses excuses auprès de celles et ceux qui se sont émus de cette publicité
maladroite", poursuit le leader européen de l'hôtellerie, précisant que
"cette campagne ne reflète ni les valeurs ni les engagements du groupe
pour promouvoir la diversité et donner aux femmes toute leur place dans
l'entreprise comme dans la société".
La publicité qui vante les
mérites de la salle de concerts et de sports ex-Palais Omnisports de
Paris-Bercy montre une joueuse de tennis à genoux, face contre terre,
pleurant une victoire ou une défaite et surmontée en grosses lettres
d'un: "Le seul lieu où les femmes sont à vos pieds".
La campagne visait à faire la promotion du lieu, inauguré le 14 octobre par le maire de Paris, Anne Hidalgo.
"Après le naming, le sexisme", s'est insurgé le groupe PCF-Front de Gauche de la mairie en dénonçant une publicité "dégradante pour l'image de la femme et qui alimente le harcèlement sexiste".
Le
groupe s'était déjà prononcé contre la nouvelle dénomination du lieu,
"symptomatique de la marchandisation du patrimoine sportif et culturel".
Pour les écologistes du Conseil de Paris, "en 4 mètres par 3 s'étale un concentré de misogynie et de sexisme d'un autre âge".
Selon
sa coprésidente Anne Souyris, "renvoyer les femmes à une condition
inférieure et à un simple spectacle alors que Bercy est un espace de
compétition sportive pour les hommes comme pour les femmes, c'est
simplement consternant".
Le groupe avait lui aussi combattu
l'accord de partenariat et le +naming+ de la salle, en échange d'argent,
avec les hôtels Accor.
(AFP)
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