On appelle cela une victoire aux points, par décision de l'arbitre. Les 1es Assises nationales du sport et des territoires, organisées le 8 novembre à Lyon, ont clairement raffermi la position des collectivités dans l'organisation du sport français. En appelant, en conclusion des débats, à "faire vivre la République sportive des territoires", Valérie Fourneyron a emprunté ses mots à Michel Destot, son ancien président au sein de l'Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), dont elle présida la commission Sport avant sa nomination au gouvernement.
Toute la journée se sont succédé à la tribune des représentants des différentes puissances organisatrices, à savoir le mouvement sportif, avec le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), et les grandes associations d'élus : Association des maires de France (AMF), Assemblée des départements de France (ADF), Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) – qui avaient dépêché leurs présidents respectifs, Jacques Pélissard, Claudy Lebreton et Michel Destot – et Association des régions de France (ARF).
Mais au fait, pourquoi un tel déploiement de forces ? A travers différentes instances, ces personnes se parlent déjà. Et puis Valérie Fourneyron ne met-elle pas sur pied un vaste rassemblement des acteurs du monde sportif où les uns et les autres trouveront une place à leur mesure ? Le CNOSF, qui avait porté feue l'Assemblée du sport en 2011 et qui connaît actuellement quelques frictions avec ministère des Sports, voulait-il à travers ces assises former une organisation forte, un contre-pouvoir, dont il serait co-maître d'œuvre ? Denis Masseglia, président du CNOSF, n'a-t-il pas remercié lors de sa première prise de parole les 700 personnes présentes à Lyon pour "avoir compris l'importance d'être nombreux pour montrer la force qui est la nôtre" ? Il semble que la réalité soit plus prosaïque. Fin 2010, ADF et CNOSF avaient travaillé de concert pour maintenir la clause de compétence générale des collectivités en matière de sport. Les assises lyonnaises seraient donc le prolongement naturel de ce partenariat de long terme…
Sport et collectivités, un couple en union libre
A Lyon, trois tables rondes ont amené les intervenants à tourner autour d'un pot où l'on retrouvait systématiquement : les contraintes budgétaires, le nécessaire équilibre entre petits équipements de proximité et grands équipements structurants, le rôle des 3,5 millions de bénévoles, la montée en puissance de la pratique non encadrée et – très présentes – l'absolue nécessité de conserver la clause de compétence générale et la possibilité des financements croisés en matière de sport. Jean-Jack Queyranne, Claudy Lebreton et Denis Masseglia ont donné le ton en ouverture des débats. "On ne peut pas codifier les éléments en matière législative sur les responsabilités dans le domaine sportif", a affirmé le président de la région Rhône-Alpes. Le président de l'ADF a renchéri, rappelant que "depuis des années, sans qu'il y ait forcément des lois, le mouvement sportif est à la rencontre permanente des élus. C'est comme cela que se construit le sport, alors que dans les lois de décentralisation, on avait oublié de mettre la compétence sportive". Denis Masseglia, lui, s'est félicité de la démarche "purement volontariste" des départements et des régions en matière de sport, avant d'avertir : "Tous les acteurs doivent travailler ensemble, mais il ne peuvent pas, les uns et les autres, s'occuper de tout."S'occuper de tout. Mais de quoi exactement ? Pour Jean-Jacques Gouguet, chercheur au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, deux priorités apparaissent pour les politiques publiques sportives : adapter l'offre à une demande sociale de pratiques en profonde évolution et utiliser le sport comme un levier de développement économique et social des territoires.
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